L’INOUBLIABLE MAX PÉNETTE

Je n’étais pas ─ loin de là ─  un orphelin de père. Mais c’est comme s’il m’en manquait un que j’ai retrouvé en la personne du célèbre Max Pénette, notre brillant professeur de mathématiques, en classe de Seconde, au Lycée Alexandre Pétion. Pourtant mon père nous choyait, mon jeune frère Frantz Médard et moi, dans les jours de fin de semaine que nous passions chez lui.

En ce temps-là, j’avais la certitude qu’on était comblé, parce qu’il me semblait que nous ne manquions de rien, ou presque. Mon père jouait aux billes et au foot avec nous. Il nous emmenait au cinéma aux Casernes Dessalines pour assister aux films de cowboys, de western, d’aventures tels que Zorro, Tarzan et tant d’autres qui relataient l’histoire de beaucoup de héros. Nous étions heureux, car papa nous permettait de faire quelque chose de très important à notre âge: rêver. Et c’est aussi une permission spéciale qu’il nous accordait: la possibilité de nous identifier à certains personnages du cinéma que nous admirions tant. Lorsque papa nous y emmenait, c’était des moments privilégiés que nous passions en sa compagnie. Les autres activités entre père et fils auxquelles on se livrait nous apportaient également de grandes joies.

Pourtant,  c’était comme si, malgré tout, il nous manquait quelque chose d’indéfinissable ─ nos parents étaient des divorcés ─ et à l’adolescence, les abstractions de la vie tendent, le plus souvent,  à nous échapper. Il y a plein de choses qui nous sont incompréhensibles, mais on s’en fout, car après tout,  ce ne sont pas des notions qui importent tellement à notre âge. Mais à mesure que l’on grandit, que l’on acquiert de l’expérience de la vie, nos yeux s’ouvrent davantage et notre entendement aussi. Nous devenons également plus réceptifs à l’enseignement que nous recevons  et nous apprécions mieux nos précepteurs qui ont accepté l’ingrate tâche qui est la leur.   

Max Pénette était notre professeur de Sciences mathématiques et tous les élèves l’admiraient pour ses immenses qualités humaines. Il était pour nous, un père, un éducateur, un guide intellectuel qui nous faisait découvrir la beauté des sciences, la bonté du cœur humain lorsqu’ il est grand, chaud et aimant.

 Il nous appelait tous «mes enfants» comme si nous étions les siens propres. Son expression préférée: « Max Pénette ne s’énerve jamais! » ─ même quand il doit reprendre l’explication d’une notion mathématique pas assez claire, ou d’un concept un peu plus difficile que d’autres; que ce soit à toute la classe ou à un seul élève. Ainsi il permettra à tout un chacun de sortir en douceur de l’inhibition, véritable frein au développement de l’intelligence, à l’apprentissage du savoir.

Quoi de plus merveilleux qu’un beau sourire à la Science quand elle effleure à peine les neurones de nos méninges, nous disait-il, en toute spontanéité, par un chaud après-midi baigné de douces brises de la mer caraïbe,  après deux heures d’affilée d’un cours de math, pas aussi  simple qu’à l’accoutumée.

Aucun autre professeur de sciences ou de lettres n’a eu une telle emprise sur ma personne intellectuelle. Ce que je lisais ou faisais avait souvent quelque chose à voir avec ce qu’il nous enseignait, nous donnait en exemple dans la vie pratique ou l’évocation d’anecdotes tirées de ses nombreuses expériences sur cette terre.

 Notre esprit restait éveillé malgré le caractère ardu d’un chapitre sur le logarithme  ─ ce qui, heureusement, n’était pas la coutume; ─ animés par la certitude que nous arriverions à l’assimiler, grâce à ses sciences pures bien acquises à force d’études soutenues.

Notre ardeur juvénile vis à vis de notre prof, après son cours magistral, nous portait à nous mettre debout tout de go pour l’applaudir chaleureusement.

Que nous fûmes chanceux et heureux de l’avoir eu comme professeur de mathématiques, cet homme bien articulé et sans frontières, et mieux encore, comme un conseiller, un guide pour nous diriger vers des voies nouvelles qui nous ouvrent des fenêtres sur des champs d’accès à la liberté, à la  fraternité et à un humanisme aussi vaste que les mers océanes, et plus encore.

On aura beau le chercher partout hors des coordonnées cartésiennes, dans les dédales de la géométrie côté, dans les espaces sidéraux, ou dans des univers magiques, plus près de nous, certes, en nous, dans nos particules moléculaires ou quantiques. On finira, en fin de compte, à force de patience, par l’apercevoir comme un fluide magique qui habite les grands esprits.

Chacun de ses potaches portait en lui une lumière invisible, sans l’ombre d’une tache. Il se rappellera également sa façon de lever le pied droit, avant d’entamer sa marche de long en large devant l’ensemble des élèves de Seconde. Sans oublier que ses mains qu’il faisait bouger comme s’il agitait une baguette de maestro, semblaient donner  plus d’allure à ses propos bien agencés d’un pédagogue de qualité. Ceux-là qui se passionnaient pour ses cours si bien dispensés, pour  ses axes orthonormés,  pour ses aiguilles allant en sens inverse de celles d’une horloge, pour ses sinus, ses cosinus, ses tangentes, ses cotangentes, rêvaient à tout bout de champ de leurs voyages dans la lune. Le professeur les remettait sur terre en leur proposant des exercices de trigo, d’algèbre et de géométrie à résoudre.

Bon nombre de ses apprenants, parmi  des matheux de classe, sont devenus non seulement des pédagogues éclairés, mais aussi des hommes et des femmes qui croient en la valeur de l’instruction, instrument approprié  pour sortir leur peuple de l’ignorance, de l’obscurantisme aux mille facettes socioculturelles ─  le tirer, dis-je, de cette collective et endémique absence de  connaissance et de savoir qui l’empêtre et l’emprisonne pendant trop longtemps. Et que dis-je donc, un si grand peuple ─ amoindri par la  cupidité des uns et des autres ─ et ayant  un besoin si flagrant d’émancipation, est  comparable à un pauvre animal pris au piège que chaque soubresaut empêtre davantage. 

Le renommé professeur s’accorderait certainement avec moi pour insinuer que la fange de l’ignorance est à la base même du fléau sournois de l’analphabétisme …

Heureusement qu’il existe une relève qui survit toujours à son précurseur. Et peu importe la lenteur apparente des résultats escomptés, la courageuse ardeur et la constance persévérante d’une telle relève, à moyen ou à long terme  ─ peu importe ─ se portent  garantes de statistiques plus satisfaisantes n’ayant d’égal que les plus récents chiffres avancés par les pays les plus alphabétisés de nos jours.

Parmi cette relève, mentionnons à juste titre la prestigieuse personnalité en matière d’éducation et de leadership, fille du savoir, celle qui a su avec tant d’à-propos, suivre les pas de son célèbre mentor,  qui n’est ni plus, ni moins que la fière progéniture du regretté disparu: je veux parler explicitement et orgueilleusement de Mme. Maryse Pénette-Kedar.

Cette Grande Dame aux immenses qualités et aux compétences incalculables représente un trésor inestimable pour nos collectivités quisqueyennes.

L’éminent professeur Max Pénette a définitivement jeté les bases des sciences mathématiques, en classe de Seconde, afin de préparer notre intellect à l’assimilation d’autres thèmes scientifiques et même littéraires et artistiques.  Plus nous explorons ce vaste domaine que sont les mathématiques, plus nous nous aventurons à travers cette science dont les limites sont constamment repoussées jusqu’à l’infini, mieux nous saisissons les réalités de la vie dont les complexités sont intimement liées aux raisonnements mathématiques. ─ En témoignent les théorèmes qui constituent littéralement des chefs-d’œuvre, tant leurs applications sont indispensables dans les divers domaines de la vie.  

En effet, en parcourant l’histoire des maths, selon les techniques d’apprentissage que nous avait inculquées le maître Max Pénette, nous réalisons systématiquement à quel point cette science fait partie intégrante du processus cognitif de l’esprit humain ─ et à quel point ses interminables applications sont à la base même de toutes les grandes civilisations.

De même que les mathématiques font partie intrinsèque de l’évolution humaine, et de la vie quotidienne sur terre, de même la mémoire, l’enseignement et les leçons de vie que nous a appris le Magister Mathématicus Max Pénette, font également partie intégrante de mon cheminement intellectuel et ont fortement influencé tous les aspects de ma vie. Les bons grains semés produisent des fruits magiques ainsi que des récoltes fabuleuses.

Max avait le programme de Math de la classe de Seconde à nous transmettre en bonne et due forme. Il ne croyait pourtant pas perdre son temps en  nous apprenant à jouer aux échecs, le jeu qui devait nous permettre de cultiver notre mémoire, de développer notre intelligence, de nous faire réfléchir sur les tactiques et les stratégies à utiliser en cas de batailles et de luttes serrées pour arriver à une victoire certaine.

Max Pénette est parvenu à point nommé, à l’apogée d’une carrière de pédagogue accompli, doté d’un sens aigu de la transmission du savoir. Il maîtrisait brillamment  la bonne formule d’équations qui permettront, plus tard,  à ses potaches attentifs, de saisir plus facilement l’inconnu, lorsque la covariance des circonstances de la vie, envisagée avec la bonne attitude, nous conduit au meilleur coefficient de succès.                                                                                                     

Avec mes adeptes de la Ligue des Jeunes Progressistes, nous avons mis sur pied les bases de l’Association de Jeux d’Échecs. D’autres plus expérimentés que nous ont quand même suivi nos traces. Et c’était tout à notre honneur.

Quand, à l’âge de 13 ans, le jeune adolescent Dimitri Médard, de retour en Haïti, après un séjour d’exil en France, a raflé le titre de champion national d’Haïti de parties rapides, Max Pénette le félicita avec chaleur pour sa performance. «Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années», évoquait-il.

C’est en de telles circonstances que le grand joueur d’Échecs, Gary Victor, devenu un ami, me demanda de préfacer son roman Sonson Pipirite, déjà sous presse chez Deschamps.

Moins de 4 mois après cet événement, Dimitri fut arrêté par les militaires de Jean Claude Paul, aux Casernes Dessalines. J’étais tourmenté, ne sachant pas si on allait le torturer, et même lui enlever la vie à ce tout jeune premier qui déjà, promettait tellement ─ et un si bel avenir certainement l’attendait! ─ Quelque temps plus tard, il deviendra le lauréat de la meilleure production cinématographique indépendante canadienne au 25e Festival Panafricain, ce qui lui a ainsi valu le Premier Prix ACIC-ONF.

 Le lieutenant du jour, le colonel Jean, au téléphone, m’a demandé de garder mon calme et qu’il allait, sur le champ même, le reconduire à la maison.

Que d’êtres humains ont été décapités! Que de rois fauchés de leur trône! Que de reines ont été sacrifiées! Que de militants ont péri en grand nombre! Sans que des révolutions aient pu aboutir! On les comptait par dizaines, par centaines, ces jeunes militants de Cazale parmi lesquels, mon courageux camarade et ami Alix Lamaute, décapité par les sbires de Duvalier.  Le camarade Méhu, (mon condisciple depuis l’École des Frères de l’Instruction Chrétienne) courageux lui aussi, intelligent et doué pour les luttes clandestines, aurait été un élève de Seconde du professeur Pénette, de Marc Rameau ou de Jean-Jacques Dessalines Ambroise.  Il aurait eu des séances de travail avec Jacques Soleil.

Comme le célèbre Albert Einstein, cet indépassable scientifique de tous les temps, Max Pénette, imprégné d’idées socialistes, n’avait jamais voulu militer dans le Parti communiste de son pays. Tous deux étaient pourtant proches des fils du peuple, de cœur et d’esprit.

Max a adopté la fille de sa servante pour en faire une belle tête de femme. Il la chérissait comme si elle était son propre enfant. Il travaillait sans relâche les mathématiques avec elle jusqu’à en faire une matheuse d’exception ─ dans l’environnement bien sûr,  des élèves de sa promotion. Elle collabore actuellement avec Maryse Pénette-Kedar dont elle devient tantôt le bras droit, tantôt le bras gauche, sa main forte, son inséparable.

Elle faisait partie des cinq jeunes adolescents qui, très jeunes, dès la prime enfance, étudiaient en Union Soviétique. De retour en Haïti, après la chute de l’URSS, je leur assurais des cours de français, puisqu’ils ne s’exprimaient qu’en créole et en russe. À l’époque, je travaillais à l’Institut Français d’Haïti. Je leur trouvais des bourses d’études dans cette Institution par le biais du Directeur, M. Jean-Baptiste Flachot qui n’était ni un communiste, ni un socialiste, ni un capitaliste, mais plutôt un humaniste laïc. Tout le monde l’aimait. Il a épousé en secondes noces, une fille de famille modeste. J’étais, selon leur vœu, le parrain de leur mariage, avec pour marraine,  Martine Hilaire.

Les cours de mathématiques de Max Pénette m’ont appris à mieux aimer l’univers, la vie, la nature, les belles fleurs des beaux  jardins, la vérité, la justice, l’amitié, et à être reconnaissant aux uns et aux autres pour leurs bienfaits, malgré les divergences idéologiques d’hier, d’aujourd’hui ou qui viendront par la suite.

Il y a des personnes humaines qu’on ne pourra jamais oublier, tant qu’on vit encore sur la planète bleue et ronde, évoluant élégamment autour de la Reine-Soleil.

Je cite d’abord pour la mémoire, le Président socialiste français, François Mitterrand et sa femme Danièle Mitterrand pour leur bataille sans relâche menée, chacun dans sa sphère d’action, pour me libérer de ma mort annoncée. Et comment oublier notre amie française dévouée et sincère, Suzanne Nedjati; notre très cher camarade et ami, le cinéaste communiste Maurice Failevic, réalisateur, entre autre, des « Gouverneurs de la rosée » de l’écrivain et ethnologue Jacques Roumain, fondateur du premier Parti Communiste haïtien. Maurice et sa femme Micheline ont été le pilier du réseau de solidarité qui s’est tissée autour de ma famille à mon arrivée en exil en France au début des années 80.

Du côté des Haïtiens vivant à l’extérieur du pays, la liste est longue. Leurs protestations, leurs manifestations, leurs mobilisations d’artistes dont Sophie Marceau, de journalistes dont le journal L’Humanité et d’intellectuels de tout acabit, de toutes les religions, ─ sauf les Témoins de Jéhovah qui  n’ont pas été persécutés par les tyrans de la dynastie haïtienne ─ leur valent des éloges bien mérités et toute la reconnaissance qui leur est due. Bon nombre d’entre eux sont morts, mais leurs parents, les membres de leur famille sont, pour la plupart, vivants.

Mes remerciements s’adressent donc à René Théodore,  Max Bourjolly,   Gérard Pierre Charles,  Suzie Castor,  Max Chancy,  Adeline Chancy,  Michel Chancy, Ulrick Joly, Laurette Badette, Paul Laraque,  Morisseau Leroy,  Guy Pierre,  Sabine Manigat et j’en passe …

À mon retour d’exil en 1986, mon professeur Max Pénette m’invitait souvent à déjeuner chez lui. C’est dans ce contexte-là ─ on passait de la pintade au coq ─ qu’il m’apprit que Jacques Stephen Alexis était un excellent élève de sa promotion à Saint-Louis-de-Gonzague.  Il me disait, en  toute modestie, que Jacques  était le meilleur élève dans toutes les matières scolaires, sauf en mathématiques où il occupait toujours la deuxième place. Cependant, il n’ajoutait pas «après moi». J’avais tout compris et je souriais candidement en sirotant mon petit verre de crémas.

Ce fut pour moi la découverte d’une autre précieuse qualité de mon prof si brillant en sciences mathématiques, la MODESTIE, si rare chez nos intellectuels de tous bords.    

L’ingénieur Max Pénette a construit une douzaine de maisons individuelles sur un espace assez commode pour les parents d’élèves en difficulté, croyant ainsi trouver une solution à leurs problèmes.

Quelle âme généreuse! Quel rêveur des lendemains de cerisiers en fleurs! Mais il fallait, selon lui, battre le fer quand il est chaud, construire l’avenir dans le présent.

À l’apparition des premières lueurs du printemps qui s’annonce, je me prenais soudainement pour un sosie de mon devancier; mais, ce n’était qu’un songe mensonger.

Monsieur le professeur est unique en son genre, inimitable, même par lui-même dans un espace-temps, car tout change et se transforme pour s’accomplir en son contraire.

Il nous suggérait souventes fois, l’air de rien, une pensée hégélienne ou de la dialectique marxiste.

 Un super bonhomme, notre professeur de mathématiques de Seconde au Lycée Alexandre Pétion.    

J’aurais préféré alors demeurer tout le temps un élève de Seconde de mon maître, mon magistral professeur des sciences mathématiques, mon meilleur. En guise de témoignage de reconnaissance, je dédie ces pages de souvenir à cinq personnes qui me sont chères et qui, dans mes moments sombres, ont toujours constitué pour moi de bonnes références pour un destin plutôt optimiste, en rose.

À Maryse Pénette-Kedar, la fille de Max Pénette, militante dynamique pour une pédagogie de qualité, afin de sortir le pays de l’ornière de l’obscurantisme, de l’analphabétisme, de l’ignorance des sciences et des lettres, pour un meilleur futur d’Haïti. En faisant de l’éducation la priorité de ses activités, elle accomplit ainsi un vœu qui est cher à son père, le lancement ─  avec la participation de M. Daniel Kedar, son époux, de la fondation PRODEV (Progrès et développement).

 À Marie Cécile Sinaï, la sœur de mon voisin de cellule aux Casernes Dessalines, une âme sœur, une infatigable combattante pour le changement, une opposante  contre tous coups d’états à la démocratie, une ancienne élève des classes enfantines des parents de Max Pénette. Son frère José, je le porterai toujours dans ma mémoire, en souvenir de sa longue carrière de prisonnier derrière les barreaux des prisons, sans une plainte, sans une larme, sans une prière, également lâches. C’est chez Milo et Marie Cécile que je vais bientôt, à Ottawa, couper le gâteau de mes huit bougies happy birthday.

À Michaële Lafontant, mon amie pour l’éternité. Femme haïtienne d’une grande valeur intellectuelle, collègue de Max Pénette à Sainte-Rose de Lima; éloquente et prestigieuse, sa plume; savante, sa grammaire; modeste et effacée, mais pourtant d’une lumière réconfortante; et, si ma mémoire est bonne, lauréate de sa première année à l’École Normale Supérieure et à qui les militaires des Casernes Dessalines ont interdit ─ ainsi qu’à moi après une de mes sorties de prison ─ le droit d’enseigner. Quel coup bas à la Pédagogie et à l’École!

À Patricia Phebbs qui intrigue à cause de sa générosité, hors du commun, sans aucun intérêt personnel. Elle ne pratique aucune religion judéo-chrétienne ou anglo-saxonne, ni aucune autre d’ailleurs à ma connaissance. Elle n’est non plus membre d’aucun parti politique, de droite ou de gauche. Elle porte son cœur chaud dans la paume de ses mains propres  pour l’offrir à l’humanité souffrante.

À Fayole Jean, l’homme des planches, des rideaux rouges, des feux de la rampe, du 7e art;  aussi bon acteur que bon compagnon de route. Il a le don de l’amitié et de la franchise. Tout en lui transpire l’honnêteté. C’est un citoyen important dont un avenir sans tyrans aura grandement besoin pour contribuer à la renaissance des pays et des payses de nos cités, bourgs et bourgades. 

Quant à mes cinq enfants que je ne saurais oublier, je les ai baptisés, chacun, du nom de révolutionnaires, de géants dans l’art, de héros tombés sur les champs de bataille.

Je les remercie, pour tout, tous les cinq: Dimitri, Géralda, Sébastien, Alix, Stephen, ainsi que mes petits-enfants, Aurélia, Brandy et Noah Yves Médard, que je chéris comme la prunelle de mes yeux.

Qu’ils se souviennent toujours du vieil adage de leur grand’mère, Lucina Alphonse, ma regrettée mère, la tante de Gérard A. Alphonse: «Pas de haine dans l’âme, même pour ses pires ennemis.»

Une autre personnalité haïtienne me marque profondément. Il s’agit de mon cousin germain, Gérard A. Alphonse, considéré aujourd’hui, en cette période du Mois de l’Histoire des Noirs, comme l’un des citoyens du monde, l’un des savants les mieux cotés parmi les grands chercheurs scientifiques du siècle présent, pour son assiduité aux travaux scientifiques, pour ses multiples découvertes  en informatique, en physique, en médecine, en mathématiques et même en mécanique quantique. Et tout cela constitue un immense honneur pour son pays natal, notre cher Haiti.

 Il est à juste titre un haïtien pur sang, de père et de mère haïtiens, né au pays des Caciques d’Haïti, de Jean-Jacques Dessalines, d’Alexandre Pétion, de Batraville, de Charlemagne Péralte. Et dans la foulée de la déclaration fallacieuse, farfelue et irrespectueuse d’un chef d’État états-unien qui ose traiter  Haïti de  « pays de merde », la mention de Gérard A. Alphonse ne manque pas de faire honneur à son pays natal, et du même souffle, aux membres de sa famille, à ses sœurs Jacqueline, Denise, Murielle, Yanique, à sa cousine Myrtha Alphonse, et à ses autres cousins et cousines.

Il y a des gens ─ disais-je déjà ─ qu’on n’oubliera jamais, tant qu’on vit encore sur la planète bleue et ronde, évoluant prestigieusement et élégamment autour de la Reine-Soleil.

Exigeant envers moi-même, tout comme l’était mon maître de mathématiques, je serais enclin à penser que je n’ai pas assez dit pour faire l’éloge de Max Pénette. Et en l’occurrence, c’eut été  tout dire de lui. Mais je m’en console en pensant qu’aucun être humain sous ce firmament, ne pourra jamais, à lui seul, tout dire sur aucun sujet. Espérant que je me serai fait le porte-parole de toutes celles et de tous ceux qui auront aimé Max Pénette, ou tout au moins qui l’auront apprécié, de son vivant, je rends un immense hommage à ce monument d’homme que demeurera toujours le grand Max Pénette.

Tous ces souvenirs marqueront la Mémoire du Temps, jusqu’à l’infini.

Vive la Science, à bas l’Ignorance!

 

Joseph Yves Médard (Rassoul Labuchin)

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