« Journalism trust initiative », un dispositif qui pourrait aider en Haïti

L’organisation Reporters sans frontières (RSF) et ses partenaires ont dévoilé, le mardi 3 avril 2018, une initiative innovante visant à lutter contre la désinformation en ligne. La « Journalism Trust Initiative » se révèle un dispositif qui pourrait bien aider en Haïti, un pays sans armes face aux « fake news ».

« Journalism trust initiative » (JTI) que l’on peut traduire en français par Initiative pour la fiabilité de l’information est un dispositif d’autorégulation des médias qui vise à favoriser le respect des processus de production journalistique et à donner des avantages concrets à ceux qui les mettent en oeuvre. Cette initiative de Reporters sans frontières et de ses partenaires, à savoir l’Agence France-Presse (AFP), l’Union européenne de radiotélévision (UER) et le Global Editors Network (GEN), a été annoncée, le 3 avril dernier, au cours d’une conférence de presse organisée à Paris par lesdites organisations.

Selon les informations diffusées sur le site de RSF, la « Journalism trust initiative » consiste à créer un référentiel pour le journalisme sous la forme d’indicateurs sur la transparence des médias, l’indépendance éditoriale, la mise en oeuvre de méthodes journalistiques et le respect des règles déontologiques.

« Ces normes, peut-on lire plus loin, sont destinées à devenir une référence en matière d’autorégulation des médias et de bonnes pratiques pour tous ceux qui produisent des contenus journalistiques, qu’il s’agisse de blogueurs ou de groupes de médias internationaux. L’adoption des règles ouvrira la voie à un processus de certification ».

Le secrétaire général de RSF justifie le bien-fondé d’une telle initiative par rapport à l’affluence des « fake news » dans le quotidien des gens. « Dans le nouveau système de l’espace public, les informations fausses circulent plus vite que les vraies : la défense du journalisme suppose de renverser la logique en donnant un avantage réel à tous ceux qui produisent des informations de manière fiable, quel que soit leur statut », déclare Christophe Deloire, relayé par RSF.

Par ailleurs, le secrétaire général de RSF fait savoir que ce dispositif d’autorégulation fondé sur une analyse globale du champ de l’information permet de relier les aspects déontologiques aux questions économiques.

Haïti et les « fake news »

En Haïti, les « fake news » n’ont pas cessé d’intoxiquer la vie des gens. Des citoyens sont victimes à longueur de journée des fabricants de fausses informations. Même les autorités font souvent l’objet de ces désinformations sur les réseaux sociaux. La plus récente en date concerne le Premier ministre haïtien, Jack Guy Lafontant, qui a été victime d’une rumeur de harcèlement sexuel sur les employées de la primature.

Les sites internet qui ne sont pas fiables augmentent de façon exponentielle dans le pays. Ils diffusent toutes sortes de balivernes et de fausses informations que la population consomme, souvent, sans remise en question. Pour contrecarrer de telles dérives, plusieurs médias en ligne se sont regroupés pour lancer en Haïti une structure. L’Association haïtienne des médias en ligne (AHML) s’est fixé comme premier objectif de combattre la diffamation et la désinformation pratiquées sur la Toile.

Cependant, le train des « fake news » n’a aucunement ralenti dans le pays et continue à faire des victimes. En ce sens, « Journalism trust initiative » se révèle un dispositif que l’on pourrait imiter dans le pays pour protéger le journalisme et empêcher aux faiseurs de « fake news » de faire florès dans la société haïtienne.

JTI envisage également des avantages qui pourront être attachés à la qualité et à l’indépendance du journalisme à travers une distribution et un traitement privilégiés par les algorithmes des moteurs de recherche et des réseaux sociaux, avec pour résultat une meilleure visibilité, une plus grande portée et de plus importantes recettes publicitaires. La question reste de savoir qui va prendre l’initiative de lancer ce combat contre la désinformation dans le pays.

Les médias ou les associations de journaliste ?

Ce qui est certain, il est urgent que le pays s’embarque dans la lutte contre les « fake news ».

Ritzamarum Zétrenne

rzetrenne@lenational.ht

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