Génie du livre : une promesse aux jeunes

Photo souvenir entre les intervenants et l’assistance à C3 Éditions, à Turgeau.

 

Environ une vingtaine de jeunes ont pris part, le mardi 3 avril 2018, au local de C3 Editions, à Turgeau, au lancement de la 4e édition de Génie du livre, un concours de débat scolaire à l’intention des jeunes Haïtiens. À cette occasion, les écrivains Marie Alice Théard et Marc Exavier, ainsi que le parrain de cette édition, Auguste D’Meza, ont pris la parole pour encourager la lecture et le sens du leadership chez les jeunes.

L’écrivaine et critique d’art, Marie Alice Théard, a revisité quelques oeuvres d’écrivains haïtiens qui, selon elle, constituent des pistes de lecture importantes pour les jeunes. Elle a, d’abord, évoqué le travail de Jacques Roumain, notamment son projet social, des auteurs comme Carmelle St-Gérard Lopez pour la psychologie sociale contenue dans ses oeuvres, ainsi que l’écrivaine Geneviève Gaillard.

La critique d’art a invité les jeunes à la détermination, à la structuration de l’être, à la persévérance. Tout en faisant des rapprochements entre Roumain et Alexis en ce qui a trait à leur personnage, à la forme de lutte observée à travers leurs oeuvres et à leur vie, Mme Théard a attiré l’attention sur les différences d’écriture : pourquoi faut-il lire tel ou tel auteur ? Elle croit que chaque auteur apporte quelque chose soit par rapport au choix des sujets, des discours, soit par rapport à leur aisance dans l’écriture.

Marie Alice Théard, en fin de présentation, a conseillé aux jeunes la lecture d’une vingtaine d’écrivains qu’elle considère fondamentaux pour tout jeune lecteur. Parmi eux : René Depestre, pour ses textes dont les sujets sont attachés à Haïti, Georges Anglade, Jean Fouchard, Roger Gaillard, René Philoctète pour sa sensualité, le charme de son écriture, Jean D’ormesson (le juif errant), Marguerite Youcenar (Lettre à ses amis et quelques autres), Henry Troyat, Antoine de Saint-Exupéry (Le petit prince), Dominique Bona, Jean Claude Fignolé, Alain Turnier qui permet de faire des différences avec Gaillard, Charles Dupuis, Stefan Zweig, Romain Gary, Georges Sand pour la clarté du dire, etc.

Il faut lire les auteurs qui vous disent quelque chose, ce, pour mieux s’enrichir, que ce soit sur le plan de la syntaxe, du vocabulaire, du jugement. C’est la suggestion faite par les divers intervenants. Pour le parrain de cette édition, Auguste D’Meza, cette activité organisée par le Club Signet va permettre la rencontre des divers participants provenant d’établissements scolaires différents. Il a, en outre, remercié C3 Éditions qui s’est, peu à peu, créé une place de choix dans le milieu littéraire et culturel haïtien.

Auguste D’Meza croit que celui qui lit à travers les mots connait les maux et s’approprie beaucoup mieux la vie et en même temps un univers différent. « La lecture ne peut pas être enfermée dans un style », selon le professeur D’Meza qui a fait par contre remarquer que celui qui lit pour ébahir les autres est aussi con que celui qui ne lit pas. Car, selon lui, lire doit être un rapprochement vers l’autre et non la création d’un fossé entre l’autre et soi. Il a aussi affirmé que lire doit conduire vers l’humilité, vers la solidarité, avant de conclure sur la nécessité de convaincre la nouvelle génération de l’éducation par la lecture.

L’écrivain et professeur Marc Exavier, parrain du Club Signet, est intervenu pour déplorer le fait que cette activité du Génie du livre n’ait pas trouvé de sponsors, à un point tel qu’elle a été suspendue pendant deux années. Il croit que cette activité devrait trouver le soutien des Haïtiens de tous les secteurs, car elle contribue à l’éveil des jeunes. Marc Exavier a aussi suggéré la lecture de quelques ouvrages importants dans la littérature, notamment le roman de Jacques Roumain, Gouverneurs de la rosée qu’il considère comme le livre phare de la nouvelle génération. « Ne pas permettre aux jeunes de lire Gouverneurs de la rosée est un crime contre eux », a-t-il conclu.

Des artistes ont également pris part au lancement de Génie du livre, dont le diseur Marc Ender Jean qui a dit Georges Castera pour le plaisir des consommateurs de poésie.

Jean Emmanuel Jacquet

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