Festivités « rara » à Beauchamp : 20e édition réussie

Festivités de rara à Beauchamps.

 

Les « rara » ont fêté avec beaucoup plus d’ampleur et d’enthousiasme dans la localité de Beauchamp, 7e section Mahotière de Port-de-Paix, cette année. Sous le haut patronage du sénateur Louis Onondieu, le comité socio-culturel de Mahotière a organisé sa 20e édition de concours « RARA ». Elles étaient plus d’une douzaine de bandes à participer à cette manifestation culturelle, avec des variations de couleurs qui ont embelli cette activité, où plusieurs autorités de l’État ont répondu à l’appel.

Cette initiative, devenant un mémorial annuel pour les adeptes du vodou, vise, entre autres, à vivifier davantage la culture vodouesque dans la région et à favoriser le développement de la communauté de Mahotière. Selon le coordonnateur du comité socioculturel de Mahotière, M. Durogène Momus, c’est un héritage ancestral qui avait largement contribué à l’indépendance du pays. « Nous sommes le seul peuple à avoir conquis notre indépendance à travers notre patrimoine culturel : le vodou », a martelé M. Durogène Momus. Notre présence ici en ce « Vendredi saint », dit-il, n’est pas inscrite uniquement dans le cadre de rehausser l’éclat d’une simple activité, mais, elle doit constituer une preuve dans la lutte à rendre le pays fort et la nation forte.

Étant partie prenante à cette grande activité culturelle, le vice-délégué de l’arrondissement de Port-de-Paix, M. Jeantinor Ansegnio, croit que les autorités gouvernementales, à travers le ministère de la Culture et la Communicatrion (MCC), doivent accorder beaucoup plus d’importance aux activités de « rara », comme on le fait pour le carnaval, qui est également une pratique culturelle. « l’État doit accorder une part du budget national aux festivités de « rara ». Si, tel était le cas, nous n’aurions pas besoin d’un quelconque parlementaire pour nous soutenir dans la réalisation de cette grande manifestation culturelle qui est également un patrimoine communautaire depuis tantôt 20 ans à Mahotière », a-t-il ajouté.

Cependant, l’ancien chef de campagne électorale du sénateur Louis Onondieu estime, par ailleurs, que l’actuel gouvernement pourrait accompagner les bandes de manière à ce que les festivités de « rara » soient réalisées dans une autre atmosphère permettant de mieux savourer cet événement puisqu’il s’agit d’un moment de réjouissance, malheureusement les contraintes sont multiples et variées. « L’administration Moïse/Lafontant a hérité d’un ensemble de problèmes chroniques des pouvoirs antérieurs. Tous les maux qu’ils ont causés mettent les actuels dirigeants dans de sérieuses difficultés à répondre à un ensemble de prérogatives », défend le vice-délégué de l’arrondissement de Port-de-Paix.

Quant aux problèmes socio-économiques qui frappent sévèrement les habitants de cette section rurale, des complaintes sont traduites en chanson par les « samba » des bandes de « rara ». M. Jeantinor Ansegnio semble convaincu que c’est le résultat du mauvais choix des votants. En ce sens, le chef de l’arrondissement de Port-de-Paix appelle à l’unité et à un changement de mentalité. « Vous avez voté, mais vous n’avez rien bénéficié en retour. Les services vous sont éloignés de plus en plus. Donc, il vous faut vous unir et mieux vous orienter dans les choix de vos représentants », a-t-il conseillé.

Le porte-parole de l’organisation « Tèt kole ti peyizan » — branche du Nord’Ouest — en a profité pour lancer un vibrant message aux membres du secteur du vodou, surtout ceux qui nourrissent pertinemment des intentions criminelles contre leurs prochains. Trop de gens utilisent le vodou à des fins criminelles. La preuve, plusieurs personnes sont mortes dans la communauté par un « faux choléra », dénonce Pierre Joseph alors que le vodou en est la véritable cause. Ces agissements dans le secteur nous rabaissent et nous rendent très laids en tant que « vodouyizan ».

À Anderau, localité de la deuxième section communale de Chansolme, le cartel des CASEC, avec un financement du député Joseph Fils, a organisé sa première édition de concours « rara ». Le coordonnateur des Casec, M. Darisié Michel Ange se réjouit de la façon dont les activités ont été déroulées. « Tout s’est bien passé, pas d’incidents regrettables. Les participants ont témoigné leur satisfaction, surtout que c’est pour la première fois ce genre d’activité se réalise dans la communauté », a-t-il déclaré. L’élu local a, par ailleurs, déploré le fait que le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT) n’a octroyé aucun fonds pour les festivités de « rara ».

En effet, ce qui a retenu l’attention de plus d’un, c’était le geste symbolique de fraternité que les bandes ont exprimé l’une envers l’autre au terme de la programmation. Et le coordonnateur des CASEC de la 7e section Mahotière, Momus Ervilus, a, pour sa part, salué le « faire play » entre les différents groupes. « Vous êtes tous frères et soeurs. De plus, il s’agit d’une manifestation festive et d’un moment pour se recréer », a-t-il souligné, tout en lançant des mises en garde contre tout maladroit qui aurait eu tendance à utiliser des armes blanches lors du déroulement de l’activité.

Marc Edy Ossam

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