Festival Banbou lakou : une belle première édition

L’une des bandes de rara traditionnelles à Cayes-Jacmel

dans le cadre du Festival Banbou Lakou.

 

Le Festival Banbou lakou (FBL) est un festival de « rara » traditionnel, organisé pour la première fois, du vendredi 30 mars au dimanche 1e avril 2018, à Michineau (4e section rurale de la Commune de Cayes-Jacmel), à l’initiative du professeur Jean Joseph, à la fois, opérateur culturel et artiste-tambourineur, originaire de cette section rurale.

Le FBL est un événement culturel d’envergure, conçu dans l’idée de valoriser le « rara », style de musique traditionnelle dont le nom serait emprunté, selon Coulander Harold, de la langue tonale africaine, le yoruba. Dans cet idiome africain, le rara a pour signification adverbiale : « hautement, bruyamment ». C’est donc une musique, d’une cadence très vive, pratiquée, d’après l’auteur de « Haïti Singing », depuis l’Afrique et plus tard, selon l’anthropologue Jean Coulanges, dans l’île de Saint- Domingue vers la fin du XVe siècle.

Le FBL est organisé pour aider les paysans de Michineau et les autres fanatiques de cette musique populaire venant de différents endroits participer au festival, à mieux se divertir grâce à des nouveautés du point de vue artistique, musical et organisationnel.

C’est dans un contexte socioculturel que ce nouveau projecteur événementiel, proposé par le professeur Jean Joseph, a été allumé sur Michineau, section la plus reculée de la commune de Cayes- Jacmel et très souvent traitée en parents pauvres, en ce qui a trait aux projets exécutés par l’État, les ONG locales et internationales…..

En effet, le festival a permis d’accomplir dans cette communauté, un acte social utile qui, en termes de loisir nécessaire, a attiré l’attention de ses membres (jeunes, adultes, professionnels (elles), notables, autorités étatiques et religieuses…), sur différents projets de développement social, culturel, artistique, éducatif et environnemental, évoqués par le professeur Jean Joseph. Ce dernier, en effet, a proposé de se joindre à d’autres jeunes dans la communauté pour exécuter dans cette section très éloignée du bourg de Cayes- Jacmel et aussi très marginalisée, des services de premier ordre tels que des centres de santé, un poste de Police ou un contrôle policier, des espaces de loisirs…

C’est sans doute pour pallier cette situation alarmante que le philosophe-tambourineur a proposé, dans un esprit de pérennisation, cette importante manifestation culturelle et artistique qui, sous forme d’ambiance thérapeutique à l’intention des natifs, a réuni dix bandes de « rara » traditionnelles venant de diverses habitations de la section de Michineau.

En signe d’encouragement pour leurs efforts et de remerciement pour leur présence, M. Joseph a de manière symbolique offert un cachet aux groupes participants.

Le Festival Banbou lakou, qui n’est soutenu par aucun organisme public ni privé, sinon par de simples collaborateurs et collaboratrices proches du tambourineur, a permis aux jeunes vivant dans la communauté de s’investir en donnant, bénévolement, des coups de main salutaires.

« Nos expériences en organisation d’événements culturels, notre capacité d’action, notre volonté agissante, nos énergies positives ont toutes été conjuguées en une synergie incitative pour la réussite totale de cette manifestation si ambitieuse qui a contribué sans nul doute au développement socioculturel et économique de la section », a souligné Jean Joseph.

L’éclat de la fête n’a pas été uniquement d’ordre musical (cadence et harmonie), mais également esthétique et chorégraphique, beaucoup de décors et de danses diverses.

Jean Emmanuel Jacquet

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