Anne-Isabelle Saint-Pierre, entre le journalisme et la mode

Anne-Isabelle Saint-Pierre allongée devant ses oeuvres.

 

Venue tout droit de Milan, la designer haïtienne, fondatrice de la marque « L’Ayati », Anne-Isabelle Saint-Pierre, a présenté, le week-end dernier, sa toute nouvelle collection, « Bédouin tropical – Une lettre d’amour d’Haïti à l’Arabie » en Haïti, à Pétion-Ville. Tissus colorés et imprimés, tableaux, nappes, écharpes, coussins, centres de table, objets de décoration sont autant d’articles qui constituaient cette nouvelle collection. Coup de projecteur sur cette fille des Caraïbes éprise du Moyen-Orient.

Née en Haïti, Anne-Isabelle Saint-Pierre a quitté le pays en 2010 pour étudier le design de mode à l’Institut Marangoni de Milan où elle s’est spécialisée dans le design textile et graphique. Sensible à l’écriture, après avoir bouclé ses études en fashion design, elle a appliqué pour le Los Angeles Post et a commencé à faire ses premiers pas dans le journalisme de mode. Chemin faisant, elle a travaillé de concert avec la styliste britannique Vivienne Westwood surnommée « l’enfant terrible de la mode ». Elle a prêté ses services à une compagnie russe, des blogs de mode en Moyen- Orient et en Arabie Saoudite, dont le blog Shoes and Drama de Marriam Mossali.

Peu de temps après, Anne-Isabelle s’est tournée vers son métier favori, le fashion design. Attirée par la culture arabe, elle a baptisé sa toute première collection « Prendre le désert d’assaut » et a lancé sa propre marque « L’Ayati ». Selon elle, L’Ayati est un mélange du mot arabe « hayati » qui signifie « mon monde » et du mot français « Haïti » désignant son pays. « Je voulais créer un monde sur deux », dit-elle. Je pense que c’est intéressant de faire fusionner Haïti et le Moyen- Orient à travers mes oeuvres, car chaque peuple est toujours curieux de connaître la culture d’un autre. Je voulais aussi changer les perceptions des gens à propos d’Haïti et du Moyen-Orient, car je pense que ces pays sont fortement victimes d’une mauvaise presse. Haïti ne concerne pas seulement les tremblements de terre et la pauvreté. Je voulais témoigner de la positivité, de mes sentiments, de mes inspirations, de la personne que je suis en réalité », ajoute-t-elle.

Après avoir lancé « L’Ayati », la designer Anne-Isabelle a participé à la troisième édition de la Dubaï design week en novembre dernier où elle a impressioné de grands designers italiens. Elle présentait la même collection qu’elle présentait en Haïti ce week-end : « Bédouin tropical – Une lettre d’amour d’Haïti à l’Arabie ». « J’ai trouvé la véritable inspiration dans ma famille », confie Anne-Isabelle. Mon grand-père était artiste peintre. J’ai choisi de présenter un arbre comme le logo de ma collection en mémoire de mon grand-père qui savait peindre les arbres. Le récit est aussi important pour moi que l’image. C’est la raison pour laquelle je voulais que cette collection soit « Une lettre d’amour d’Haïti à l’Arabie », l’histoire de mes correspondances avec le Moyen- Orient et les Caraïbes », déclare-t-elle.

Une femme haïtienne avec un panier sur la tête, une femme arabe portant une abaya, la nature, des chameaux… L’oeuvre d’Anne- Isabelle reflète ses souvenirs, ses voyages, la culture du Moyen- Orient et des scènes de la vie quotidienne en Haïti. Le processus de conception est d’appliquer la peinture numérique sur du tissu imprimé. Celui-ci est imprimé à Milan, en Italie et fabriqué par une entreprise haïtienne à New York. Anne-Isabelle applique de la peinture sur toile, fait des tableaux, confectionne des nappes, des écharpes, des coussins, des centres de table, des abayas et réalise des objets de décoration. La designer haïtienne Anne-Isabelle Saint- Pierre est maintenant étudiante en communication et médias à l’Institut Marangoni de Milan pour apprendre à mieux vendre ses collections et sa marque à travers le monde.

Aljany N. Zephirin

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