Tradition et modernité

Tradition et modernité.

 

Modernité et tradition sont, en une seule forme, un couple antithétique. Il se situe plutôt et délibérément dans un fragile entre-deux culturel et conceptuel permettant de découvrir, d’explorer et d’accepter aussi la mince frontière à la fois intellectuelle, morale et quotidiennement vécue où se rencontrent sans cesse modernité et tradition. La mondialisation et le besoin vital d’ancrer la communauté et le pays dans leur siècle exigent d’autres convenances. Faut-il donc s’accrocher tenacement aux traditions ? Ou plutôt les négliger et s’identifier à la modernité ?

D’abord, les gens sont poussés instinctivement depuis que le monde existe à imiter leurs ancêtres dans tous les aspects chroniques de la vie, de sorte qu’ils ne peuvent point se dérober aux croyances des traditions, au point qu’on considère toute tentative de s’y soustraire comme un renoncement, ou pour ainsi dire une apostasie. Ensuite, les traditions perpétuent l’héritage culturel de toute société, de manière qu’on pourrait considérer celles qui ne les détiennent pas comme des sociétés sans origine. En effet, cet héritage reflète l’image de la civilisation de chaque pays. De plus, la richesse irréfutable des traditions héréditaires leur ajoute une posture séduisante, voire vénérable, considérée comme le souvenir de ce qui a été, avec le devoir de le transmettre et de l’enrichir. Cependant, cette force consiste à constater qu’au fur et à mesure le monde évolue.

Toutefois, les modalités et les arrangements qu’imposent la mondialisation et le besoin de développement en vue de faire avancer un pays en l’harmonisant avec les évolutions globales nous incitent à établir un nouveau mode de société. En d’autres termes, le monde actuel exige d’autres concordances auxquelles on ne pourrait point échapper, d’où l’exigence de trouver un compromis juste et durable entre la modernité et la tradition.

Certes, les traditions sont riches et indispensables à la sauvegarde de notre identité et de notre civilisation. Cependant, la modernité est assez primordiale pour intégrer le pays dans son époque et à la transmission continue d’un contenu culturel à travers l’histoire depuis un événement fondateur ou un passé immémorial. Aussi, importe-t-il de nous appliquer à renforcer notre culture et non de nous courber sur nous même. Une rencontre, mais pas forcément dramatique comme d’aucuns le voudraient traditionnelle à tout jamais et elle est à thématiser cette appartenance culturelle, religieuse et sociopolitique. Sinon, il sera impossible de sortir de cette impasse qu’est le malaise de la modernité.

On peut également penser que si la culture moderne paraît tellement politisée, c’est enfin parce que la culture est le lieu de la transmission, celui où se formulent les représentations de soi à un moment où le monde contemporain a placé au centre de ses préoccupations le rapport à l’autre et donc la question identitaire, y compris dans ses aspects illusoires, car l’identité n’est jamais une forme figée, fixe, mais au contraire constamment reconstruite. En d’autres termes, il semble clair aujourd’hui que les universaux du « traditionnel » sont en fait les universaux du « traditionnel du Vieux Monde ». D’autre part, tout se passe comme si l’étude du premier laissait supposer de quelle chair fut enveloppée l’ossature subsistante dans les documents, les inscriptions et les vestiges d’époques plus reculées de la pensée méditerranéenne, proche-orientale et européenne. Pour autant que les termes de la comparaison soient la vision du monde modernisant de l’Occident et les visions du monde traditionnelles.

Midline Richardson

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