Pour réduire les violences et les bavures policières

Vue partielle des actes de repression faites par des corps de la PNH.

 

À l’occasion de la journée internationale contre les violences policières, 15 mars 2018, plusieurs personnalités évoluant dans le secteur des droits humains, contactés par Le National, ont donné leurs avis sur les exagérations policières. Elles dénoncent tous ces actes en demandant aux autorités de prendre des mesures pour réduire les infractions des forces de l’ordre dans la société.

Combattre les violences policières est la préoccupation de nombreux pays. C’est en ce sens que la journée du 15 mars a été consacrée à cette cause. Chaque année, beaucoup de pays organisent des activités en vue d’attirer l’attention des autorités sur les violences policières et de sensibiliser les victimes à porter plainte contre les policiers qui ont commis des impairs dans l’exercice de leur fonction. En Haïti, les violences policières sont monnaie courante. « Presque quotidiennement, nous recevons des plaintes à l’Office de la protection du citoyen (OPC) », a fait savoir le directeur général de l’OPC.

D’après les dires de Me Amos Auguste, les policiers font face à toutes sortes de contraintes dans l’exercice de leur fonction et dans la vie courante qui les porterait à commettre toutes sortes de violences et de bavures. « S’assurer d’une meilleure condition de travail et garantir une meilleure condition de vie familiale aux policiers du pays », telle est la recommandation du directeur général fraîchement installé de l’OPC aux autorités publiques concernées afin de réduire les violences policières. Il a avancé que la frustration est le plus souvent à la base des mauvais comportements des agents de l’ordre. Selon Me Auguste, l’OPC travaille avec l’inspection générale de la PNH dans le cadre de dépôt des plaintes des citoyens concernant les infractions des policiers. « Notre intervention à l’inspection générale consiste non seulement à lutter contre les violences faites aux communs des citoyens, mais aussi aux abus dont sont victimes les policiers », a-t-il confié.

Par ailleurs, interrogé sur la lettre des prisonniers du pénitencier national faisant croire que certains d’entre eux ont été incarcérés à cause des bavures policières, le directeur général en a profité pour évoquer l’intervention de l’OPC à la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ) cette semaine. « Environ quinze personnes prises en arrimage ont été incarcérées à la DCPJ. Elles ont passé plus d’une quinzaine de jours sans comparaitre devant un juge », a-t-il fait savoir. En outre, Amos Auguste informe que l’OPC travaille sur les bavures policières faites à Gran Ravin et à Lilavois. « Nous attendons les résultats des enquêtes des institutions concernées pour les suites », a révélé maitre Auguste.

Pour sa part, le militant des droits humains, Antonal Mortimé, a précisé que le 15 mars représente une journée de sensibilisation contre les violences et les bavures policières. Selon lui, les violences policières en Haïti remontent depuis la création de la police nationale en 1995. Il a énuméré des cas d’infraction policière dont les plus récentes sont celles de Gran Ravin et de Lilavois. D’après lui, les victimes ont toujours hésité de porter plainte. « Nous encourageons les victimes des violences policières à porter plainte auprès des organisations des droits humains et autres institutions qui travaillent dans ce domaine afin qu’elles puissent trouver réparation », a lancé Antonal Mortimé.

Plus loin, il a suggéré de faire passer la formation des policiers à douze mois pour inclure d’autres modules devant leur permettre de bien remplir leur tâche. « On doit ajouter des formations sur les droits humains, le civisme, la corruption, le trafic des personnes et autres », a-t-il martelé. Il a aussi préconisé l’indépendance de l’inspection générale de la PNH pour faciliter leurs travaux. Parallèlement, M. Mortimé a fait part de son étonnement sur la nomination de trois personnes dans le haut état-major de l’armée. Selon le défenseur des droits humains, ces trois personnes dont il garde encore les noms ne devraient pas faire partie de l’armée, encore moins d’un haut état-major. « Certaines d’entre elles ne sont pas de nationalité haïtienne. D’autres ont l’habitude de participer à la violation des droits humains », a-t-il indiqué.

Par définition, les violences policières sont toutes les actions disproportionnées des policiers dans le cadre d’une intervention.

Et, les bavures policières correspondent à toutes les actions contraires à la déontologie de la police et de la loi.

Woovins St-Phard

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