L’esthétique de la danse traditionnelle des bâtons

Le tressé ruban.

 

La danse Bâton-nisse est d’une originalité remarquable. Elle est dans le temps une adaptation de la fameuse danse des bâtons d’origine africaine à l’époque esclavagiste à Saint-Domingue. Les danseurs sont toujours en nombre pair, ils forment une ronde. Ils peuvent être au nombre de six ou de huit jusqu’à douze. Chacun a un petit bâton, un orchestre composé d’un tambour, d’une flute en fer-blanc ou bambou et parfois d’un accordéon qui accompagne la danse et d’un homme en dehors des danseurs. Le plus souvent, c’est le chef de bande armée d’un sifflet qui conduit la danse. L’orchestre joue une meringue carnavalesque.

Les danseurs dansent en formant un cercle. Au premier coup de sifflet, la musique devient très animée et tout en faisant le mouvement circulaire, le numéro 1 frappe son bâton contre celui du numéro 8 puis se retourner et frapper à nouveau le bâton du numéro 2 et le numéro 2 après avoir rencontré le numéro 1 se retourne et frappe celui du numéro 3, ainsi de suite la danse s’exécute en rond. Au deuxième coup de sifflet, tout en exécutant la danse de la même manière chaque danseur en rencontrant un autre frappe deux fois son bâton. Au troisième coup de sifflet, on frappe trois fois au quatrième coup, quatre fois puis on recommence. Enfin, la danse s’achève pour enchainer maintenant le tressé Ruban.

Elle est aussi une danse en rond très répandue dans toute l’Amérique espagnole appelée « Le tissage de l’Arbre de mai » c’est une tradition très ancienne, qui remonte bien avant le Moyen-Age. On ignore la date d’origine, mais on sait que l’histoire qu’elle raconte est à la racine de nombreux mythes et de religions malgré son ancienneté, cette danse se pratique toujours à travers le monde, et pas seulement en Haïti.

Bien évidemment, la coutume a changé au fil des années et selon les habitudes locales, il y a eu par conséquent plusieurs types d’arbres de Mai. Ainsi, pendant la Révolution française,” Le tissage de l’arbre de Mai” est aussi appelé « danse de l’arbre de mai » ou « danse des rubans ».

Dans le folklore haïtien ,le tréssé ruban est une danse de la tradition des habitants du nord de la République d’Haïti créée par les réfugiés de St Domingue ā la fin du 18e siècle. Elle consiste à tresser et détresser autour d’un mât des rubans de toutes les couleurs. Dans le tressé ruban les danseurs sont placés comme dans le bâton-nisse avec la seule différence qu’une tige de bois très droite est déposée verticalement au centre du cercle tenu par une personne.

Les danseurs toujours en nombre pair forment un cercle autour du bois ayant à son extrémité supérieure des rubans de couleurs différentes dont le nombre est égal a celui des danseurs chacun tient le bout d’un ruban. Un même type d’orchestre que celui de la bande Bâton-nisse accompagne la danse et aussi un homme, le chef de bande, armé d’un sifflet la conduit .au premier coup de sifflet, les danseurs dans leur mouvement circulaire tissent les rubans autour du bois arrivé à la partie inférieure du bois sous le signal d’un deuxième coup de sifflet ils s’arrêtent.

Au troisième coup de sifflet, ils recommencent la danse en sens contraire en faisant défiler les rubans. Autant explorer l’esthétique de la danse traditionnelle des bâtons.

Midline Richardson

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