Le graffiti en Haïti

L’histoire du graffiti remonte à bien longtemps. Le graffiti en quelque sorte se veut un reflet de la société. Le phénomène artistique planétaire que nous pouvons observer aujourd’hui et dans chaque recoin de nos rues s’appelle le Graffiti. Tout a commencé environ 30 ans à la fin du régime des Duvalier à Port-au-Prince entre 1971 à 1986. Les graffeurs  utilisent leurs  talents  pour faire passer des messages qui mêlent souvent politique, humour, amour et poésie. Leurs messages sont  généralement libertaires, leurs  personnages  sont souvent des femmes, des enfants, des cartes géographiques, des animaux, etc. C’est une culture étrangère  éminemment pratiquée dans la rue. Elle prône des valeurs dites positives, permettant à ses adeptes de ne pas se résigner à la morosité due à leur condition sociale modeste.

Les artistes graffeurs prirent des risques d’ aller peindre la nuit, en Haïti comme ailleurs partout dans le monde ,il est en effet interdit d’écrire sur les murs sans autorisation de l’État . En plus de prôner une vision commune du monde, le graffeur espère également que ses s actions peuvent faire changer les choses. En effet, cet art transgressif interroge sans arrêt, en remettant en question notamment les interdits et les tabous de notre société, mais aussi la notion d’appartenance. De plus, il relève souvent les aberrations et les paradoxes de notre société en plaçant des dessins dans des contextes qui leur sont parfois totalement opposés. Mais cet art répond aussi à des besoins plus basiques de l’homme, comme celui de communiquer. De nos jours, le graffiti fait partie des différentes formes d’art. Il a longtemps été vu comme du vandalisme, plusieurs artistes du graffiti sont connus pour leur participation à l’art actuel. La voix de la masse qui, par cet acte considéré  parfois comme  illégal, crie un mécontentement.

 La différence entre le graffiti et la peinture se situe dans l’acte illégal commis par l’artiste. Le graffiti tel qu’on le connaît a beaucoup évolué au cours des dernières années. Ce mouvement artistique a développé un sens esthétique propre à lui-même. Il utilise des techniques non conventionnelles. En Haïti il y a très  peu de recherches consacrées  à l’art du graffiti. C’est souvent à travers les différents médias et surtout par les messages passionnés de graffiti que le public peut recevoir des informations dispersées sur cette forme d’expression nouvelle  désormais considérée comme relevant de l’art en Haïti. Et jusqu’ à aujourd’hui, les opinions sur cette nouvelle forme d’art restent très partagées .Les graffeurs font souvent référence à l’art plastique  pour affirmer que c’est de l’art, tandis que d’autres , notamment les habitants des quartiers des grandes villes,  refusent de voir ce qu’ils considèrent comme un vandalisme de leur environnement, et jugent que le graffiti est le fruit d’un comportement illégal . Car le fait de peindre ou d’écrire sur un mur ressemble à des petites annonces publicitaires non officielles, qui offrent des services  jugés illégaux. Avec ses origines en partie populaires et sa diffusion spécifique visant n’importe quel public, l’art du graffiti en Haïti se développe d’une manière bien particulière. Il est d’abord reconnu par des critiques fortement influencés par la culture  hip-hop. Enfin cette nouvelle forme d’art avec sa diffusion massive devient un outil pour la propagande du gouvernement haïtien, le graffiti sur le mur est comme un révélateur qui permet à un graffeur  de s’exprimer. La majorité d’entre eux a reçu une formation d’art ou de design. En général, ils savent dessiner et considèrent que l’art du graffiti est un moyen d’expression à la mode par lequel ils peuvent manifester leur personnalité devant cette apparence positive de l’art du graffiti se cache aussi une face sombre. C’est un outil idéal pour la propagande gouvernementale. Il s’intègre aussi parfaitement à des démarches d’art public commercial. Mais il est aussi un redoutable moyen d’expression capable de répondre rapidement à des enjeux politiques et sociaux quand le milieu s’y prête. À la différence, l’art du graffiti vient donner aux jeunes artistes les moyens d’exprimer rapidement et anonymement leurs sentiments, mais cela reste encore très timide. On peut constater que, dans le fil du geste du graffiti le combat continue pour la liberté d’expression.

Midline Richardson

 

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