Le CEPAM fête ses 25 ans

 

TROISIÈME PARTIE

M.A.T. : On dit que l’allaitement fait mal est-ce vrai?

M.G. : L’allaitement ne doit pas faire mal. Si on a mal il y a quelque chose que l’on fait mal. Souvent c’est la façon dont le bébé prend le sein Il n’a pas ce qui s’appelle une Bonne Prise.

M.A.T. : Qu’entendez-vous par là ?

M.G. : Pour une Bonne Prise il y a 4 points à observer : 1) la bouche du bébé doit être GRANDE ouverte

2) L’aréole (la partie foncée du sein) doit être dans sa bouche et non pas seulement la pointe du sein

3) Les lèvres sont tournées vers l’extérieur (surveillez la lèvre inférieure)

4) Le menton est près du sein ; pendant la tétée les joues restent rondes.

M.A.T. : Avec la bonne prise tout ira bien ?

M.G. : Cela évite la douleur mais pour bien réussir l’allaitement l’état d’esprit de la mère a beaucoup à y voir. La préparation pendant la grossesse est très importante. La femme enceinte qui reçoit les informations sur son lait, sa composition, ses avantages, les méfaits possibles des laits non humains, et les techniques à appliquer fait preuve d’assurance, et est contente de partager l’.expérience.

M.A.T. : Autant que je me rappelle, au début la maman n’a pas beaucoup de lait.

M.G. Le premier lait – le colostrum-est fabriqué en petites quantités en effet pour plusieurs raisons que nous avions mentionnées. Connaissez-vous les dimensions de l’estomac du nouveau-né ?

M.A.T. : Non , pas du tout.

M.G. : La grosseur d’une bille et après 3 jours la dimension de ce qu’ón appelle un « Bika » chez nous. Le nouveau –né ne peut pas prendre de grandes quantités à la fois. Le colostrum est concentré et agit comme un vaccin Il ne faut surtout pas le diluer car sa composition protège le bébé contre les infections et bon nombre de maladies. Rappelez-vous que le système immunitaire du bébé n’est pas encore développé. Tout est organisé pour qu’íl vienne au sein souvent, entre 8 et 12 fois en 24 heures.

M.A.T. : C’est pour cela que l’on dit à la mère qu’elle n’a pas assez de lait et de lui donner un biberon.

M.G. Ce qui est une erreur. On sait maintenant que ‘c’est l’une des raisons qui provoque des allergies plus tard. De plus la production du lait se fera plus lentement si l’enfant ne tête pas souvent.

M.A.T. : Est-ce que les femmes arrivent vraiment à produire assez de lait pour faire l’allaitement exclusif ?

M.G. : Absolument ! Et c’est tant mieux pour les enfants. Le cerveau est bien stimulé ; le quotient intellectuel est plus élevé ; la flore intestinale, bien protégée, tout ceci pour une santé qui s’étend sur plusieurs années. Rappelez-vous que le lait change d’après l’âge du bébé et ses besoins particuliers .Point n’est besoin de le réfrigérer, il peut rester 8 heures à la température normale de la pièce’, est un aliment complet, point n’est besoin d’eau, il en a 87% Il est gratuit, permet de faire des économies et ne produit absolument aucun déchet.

M.A.T. : Vous en parlez avec un tel enthousiasme !

M.G. : En effet ! Notre corps est une merveille et la femme allaitante fait UN TRAVAIL EXTRAORDINAIRE :

Elle assure la protection du citoyen dès l’arrivée de celui-ci / Elle garantit la sécurité alimentaire offrant un produit reconnu mondialement et sans égal pour la race humaine. / Elle participe à l’économie familiale / Elle apporte aussi une grande participation à l’économie nationale / Elle assure la prévention pour une base solide au niveau de la santé et du développement/ Elle protège l’environnement. Le docteur Titus, pédiatre bien connu s’écriait : ‘’ La malnutrition chez les bébés est une monstruosité insupportable !’’ Que dirait- il maintenant que nous avons globalement atteint 66% ? (EMMUS VI)

M.A.T. : Personnellement je crois que vous devriez en parler dans les écoles.

M.G. L’idée est excellente. Nous y avions pensé et avons touché quelques écoles l’année dernière. Nous avons reçu un très bon accueil, les étudiants ont posé beaucoup de questions. Il faut dire qu’il y a chez nous beaucoup de fausses croyances et de tabous.

M.A.T. : Est-ce vrai qu’il y a des aliments á éviter quand on allaite?

M.G. : On continue la même alimentation mais cela peut arriver occasionnellement que l’enfant tolère mal un aliment que consomme la mère surtout dans les familles où il y a des allergies ; à ce moment c’est à la mère de modifier son alimentation et non d’arrêter l’allaitement comme on le lui conseillera.

M.A.T. : La mère souffrant du sida peut-elle allaiter ?

M.G. : Oui, mais il est important qu’elle se fasse suivre ainsi que le bébé, qu’elle prenne ses médicaments régulièrement et surtout qu’elle ne donne absolument rien d’autre que son lait.

M.A.T. : Est-ce que la mère qui ne mange pas à sa faim produit un bon lait ?

M.G. : Absolument ! Car l’organisme à ce moment puise dans ses réserves pour fournir un lait de qualité. Il faudrait que la mère soit au stade de malnutrition aiguë sévère pour agir sur le taux de graisses dans le lait .Les autres nutriments tels que protéines et vitamines restent inchangés .Pas de discrimination ! La mère dans ce cas devra simplement augmenter le rythme des tétées

M.A.T. : J’ai oui dire qu’ une femme qui a fait des courses, a transpiré et revient à la maison ne doit pas allaiter car le lait est trop chaud.

M.G. Le lait ne sera ni trop chaud ni trop froid car les seins le maintiennent à la bonne température. Il faut savoir que malgré les grandes avancées de la science, aucune technologie ne permet d’envisager de modifier la composition des laits infantiles de façon aussi dynamique que le fait la glande mammaire. Retroussons donc nos manches et faisons de l’Allaitement maternel un facteur de changement et de développement durable pour notre pays si beau.

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mbgonzales06@gmail.com

Marie Alice Theard

(IWA/ AICA)

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