« Koupab », un message utile et fort de Baky Popilè

Le rappeur Baky Popilè.

 

Moins de (4) quatre jours avant la célébration de la Journée internationale des droits des femmes (8 mars), Baky Popilè sort « Koupab ». Une chanson qui traite d’un sujet important, malheureusement récurrent dans la société haïtienne et que même les artistes ne chantent pas souvent : attouchements sexuels sur mineur (e)s. Cette nouvelle chanson qui annonce la sortie du prochain album de Baky vient renforcer la lutte pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles qui constitue l’une des violations des droits de l’homme les plus répandues, les plus persistantes et les plus dévastatrices dans le monde.

La nouvelle est tombée dans la soirée du dimanche 4 mars 2018 ; et on ne s’y attendait pas. Baky vient de sortir « Koupab » en collaboration avec T-Jo Zenny. Quelques minutes après, entre émotions, révélations et compliments, les réactions n’ont pas cessé de se multiplier sur les réseaux sociaux, particulièrement sur Twitter. Le directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), Michel-Ange Gédéon, n’a pas caché ses émotions face à cette nouvelle pièce de Baky. Il en a profité pour lui adresser ses félicitations et remerciements dans un tweet. « J’ai toujours cru que chaque haïtien a un rôle à jouer dans le pays. Pour que tout aille bien, chacun doit prendre ses responsabilités. La PNH se dresse contre tout acte de violence. On remercie Baky et T-Jo pour ce message qu’ils nous apportent et l’on encourage tout le monde à dénoncer ces mauvais actes. »

« Koupab » met en scène la vie d’un couple divorcé. La femme s’étant mise avec un autre homme, celui-ci n’a pas hésité à profiter de l’innocence de sa belle-fille. Laissée seule à la maison avec son beau-père, un beau jour, la petite fille appelle son père pour le secourir de la malfaisance de celui-ci. « Bòpè m ap plede manyen m chak fwa l antre la, m pa vle l parèt la ankò. Papi, vini tanpri m pral avè w. » Sous le coup de l’émotion, le père de la petite fille arrive chez le beau-père de sa fille et lui tire une balle pour sauver son enfant. « Si sove lavi pitit mwen an se yon krim, mwen koupab. Si pou m refè l, m t ap refè l, mwen koupab », avoue le rappeur. Accompagné du chanteur de Kreyòl La, Baky pointe du doigt un problème récurrent dans la société haïtienne.

« L’inspiration me vient d’une amie que je connais depuis tantôt cinq ans qui doit avoir 32 ans maintenant », déclare Baky. Un beau jour, alors que j’étais en ligne, sur Twitter, je l’ai vue avouer des choses qu’elle a subies pendant son enfance. Son oncle abusait d’elle. Chaque fois qu’elle essayait d’en parler avec sa famille, personne n’a voulu la croire. Pas même son père. Ce n’est qu’à l’âge de 32 ans qu’elle a eu le courage d’en parler », explique Baky. L’idée première, c’était de faire un court métrage, j’en avais même parlé à C-Jay, mon producteur. À l’époque, je n’avais même pas encore de la musique. Alors, je me suis dit que je vais toucher le coeur des gens, sensibiliser la population à ce sujet, comme j’ai l’habitude de le faire. Puis, j’ai créé une histoire à partir de celle de mon amie et j’ai eu « Koupab » comme résultat », dit-il.

Je l’ai même fait écoutée à ma mère, poursuit-il. Elle a fondu en larmes. « Du coup, je me suis dit que cette chanson sera un succès », se félicite Baky. « Koupab » culmine déjà à plus de 2 000 000 vues sur Facebook, plus de 57 000 visionnements sur YouTube, et est disponible sur toutes les plateformes de promotion de la musique haïtienne.

Aljany N. Zephirin

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