Échappatoire : neuf créateurs parlent de la migration haïtienne à travers une exposition collective

Visuel de l’exposition

Du 20 au 30 mars, se tient au Yanvalou à Pacot, une exposition d’œuvres contemporaines sous le thème « Échappatoire », organisée par l’association Culture en trois dimensions (C3D), dans le cadre du Festival Kont Anba Tonèl.  Cette exposition présente neuf(9) créateurs : le peintre récupérateur Jean Fréderic (Wabba up King), le sculpteur Karim Bléus, le peintre Evens Arcelin, le peintre et illustrateur Philippe Antoine (Philippeint), le récupérateur André Eugène, le sculpteur et dessinateur Frantz Jacques (Guyodo), le sculpteur Céleur Jean Hérard, le sculpteur et prêtre vodou Alphonse Jean Junior (Papada) et le céramiste et sculpteur Lionel St-Eloi.

Pour tenter d’expliquer le thème d’échappatoire,  C3D a, dans sa note de présentation, fait état de la migration des Haïtiens depuis la seconde moitié du XXe siècle. Beaucoup d’Haïtiens, selon l’association, quittent leur pays, pour diverses raisons, vers d’autres territoires. « Avec le séisme du 12 janvier 2010, les conditions sociopolitiques et économiques sont telles que l’envie de partir ou de fuir est passée d’un simple rhume des foins à une épidémie dont il faut à tout prix chercher l’antidote ».

Selon le commissaire, Max Robenson Vilaire Dortilus, « la migration devient pour certains un moyen de refuge ou d’exil vers une quête de bien-être social. Pour d’autres, elle est une obsession ou un fantasme qui les précipite dans la folie et un cauchemar qui les hante ». Échappatoire, selon C3D, présente au contemplateur l’influence de la migration dans l’iconographie contemporaine à travers une vingtaine d’œuvres de neuf(9) artistes haïtiens qui explorent des thèmes liés à la migration haïtienne  comme  refuge, exil, obsession, cauchemar, fantasme.

Certaines de ces œuvres renvoient en effet beaucoup plus directement 3 à la thématique centrale. On pourrait citer «  Kanntè » de Karim Bléus, « Les naufragés » de Jean Frédéric, « Les oiseaux migrateurs » de Céleur Jean Hérard, et « Les bateaux » de Philippe Antoine.  

Jean Emmanuel Jacquet

Les exposants :

Jean Fréderic (Wabba up King) : Né à Port-au-Prince, peintre, récupérateur, évolue à Carrefour-Feuilles. Il expose en Haïti et à l’étranger: en République Dominicaine; à Jamaïque; à l’Institut Français en Haïti (IFH); au Ministère de la culture (MC); à l’Institut Supérieur d’Etudes et de Recherches en Sciences Sociales (IERAH/ISERSS).

Karim Bléus : Né à Rivière Froide, dès l’âge de 7 ans il s’adonne dans le modelage de la pâte, jusqu’à se mettre dans la sculpture de la pierre. Il étudie à l’Ecole Nationale des Arts (ENARTS), où il commence le travail du bois et le recyclage du métal. Depuis 7 ans, Bléus s’investit dans l’art de récupération. On le remarque dans des expositions : à la Fondation AfricAmerica; à l’IERAH/ISERSS; en Guadeloupe; dans la « Rencontres D’ici et D’ailleurs ».

Evens Arcelin : Né à Port-au-Prince, dès son adolescence, ses parents l’initient dans le monde de l’art et l’intègrent dans les ateliers Frantz Arcelin et Sophie Création. Au cours de son parcours, il fréquente l’atelier Création et l’atelier d’Allrich Moca. Il a obtenu en 2003 le prix du « Jeune peintre » par l’Académie Nationale Diplomatique et Consulaire (ANDC). Il expose: au Musée d’art Haïtien; à côté de Jean Claude Garoute (Ti Ga), Edouard Duval -Carrié et Philippe Dodard au (MUPANAH); à l’IERAH/ISERSS.

Philippe Antoine (Philippeint) : Né à Port-au-Prince, peintre, professeur, animateur et illustrateur, il a reçu le prix pour le concours organisé autour de la 50ème commémoration du massacre des haïtiens en République Dominicaine. En 1998, il est sélectionné par la BID pour représenter Haïti dans la revue internationale de «Beaux-Arts ». Il expose: aux galeries « Art en liberté » et « Beauregard » de Montréal; à la galerie « Touche d’Art »; à l’IFH; au Musée d’art Haïtien. Il réalise un mural à l’IERAH/ISERSS.

André Eugène : Né à Port-au-Prince, il a été pendant un moment maçon avant de se tourner vers la création artistique. Il est influencé par Nasson qui l’inspire la sculpture contemporaine faite souvent de crânes humains, de bois, de plastiques et des métaux. En 2000, il construit avec Céleur Jean Hérard la communauté artistique « Atis Rezistans ». Il participe à des expositions réalisées: au Musée International de l’Esclavage à Liverpool; au Musée des Beaux-Arts du Grand Palais; à l’IERAH/ISERSS.

Frantz Jacques (Guyodo) : Né à Port-au-Prince, sculpteur, dessinateur, il débute dans l’art dès son adolescence. D’abord, membre de « Atis Rezistans », se détacha ensuite pour créer « Timoun Solèy Klere ». Il expose: au Musée International de l’Esclavage à Liverpool; au Musée d’Aquitaine à Bordeaux, au musée des Beaux-Arts.

Céleur Jean Hérard : Né à Port-au-Prince, il s’initie au travail du bois et à l’anatomie par son frère Christophe Hérard, lui-même artisan sculpteur. Il fonde avec André Eugène la communauté artistique « Atis Rezistans ». Il participe à l’exposition JAMA au Champ de Mars avec la Mairie de Port-auPrince; à l’IFH avec AfricAmerica; au Musée International de l’Esclavage à Liverpool; au Musée des Beaux-Arts.

Alphonse Jean Junior (Papada) : Sculpteur, Prêtre vodou, né à Port-au-Prince, d’abord membre de la communauté « Atis Rezistans », il intègre ensuite la communauté « Timoun Solèy Klere », créée par Frantz Jacques (Guyodo). Il participe à l’exposition collective au Musée Fowler à UCLA titrée « In Extremis : Death and life in 21st century haitian Art ». Ses œuvres sont exposées au Musée de la civilisation à Québec.

Lionel St-Eloi: Né à Port-au-Prince, il débute dans la céramique, le dessin et la peinture avant de passer à la sculpture de récupération. Ses oeuvres sont exposées au Grand Palais, à l’Abbaye de Doualas, au Musée du Montparnasse, au Centre d’Art, Musée d’Art Haïtien…

 

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