David Léandre : à la découverte d’un jeune confectionneur

Originaire de Petit-Goâve, David Léandre vit depuis quelques années dans la commune de la Croix-des-Bouquets où il est parvenu à monter son entreprise : l’Académie nationale de haute Couture et d’Élégance (ANAHCE), une compagnie  de mode qui veut participer à la formation d’une nouvelle génération de confectionneurs de vêtements en Haïti.

Dans son atelier à Canaan, commune de la Croix-des-Bouquets, au nord de la capitale, des collections de vêtements de style afro-haïtien ornent les murs. Au milieu de plusieurs machines à coudre, un jeune apprenti découpe des bandes de tissus avec une grande fierté. C’est Jonathan, un jeune passionné de la mode qui participe à la confection des vêtements de l’Académie nationale de haute Couture et d’Élégance (ANAHCE).

Dans ce quartier où les conditions de vie de la population sont déplorables, l’ANAHCE offre aux jeunes le modèle parfait d’un esprit créatif et un exemple poignant de détermination. Derrière cette jeune compagnie de mode, David Léandre déploie un leadership solide émané de sa passion et ses aptitudes poussées pour la mode. ANAHCE est le fruit de plusieurs années de persévérance, informe-t-il.

Sa rencontre avec la mode

Le projet a débuté à Petit-Goâve, plus précisément à Vialet (localité située à quelques kilomètres au sud de la ville). À l’époque, David Léandre n’était qu’un élève du lycée Faustin Soulouque. Sa première compagnie de mode portait le nom de « Ciseaux dorés ». David le confectionneur, comme on l’appelle, confectionnait les uniformes de beaucoup d’élèves de sa promotion au lycée. Il se faisait toujours distinguer par ses coups de ciseaux offrant toujours une marque d’originalité à ses clients-camarades.

Avant de se lancer dans la mode, David Léandre a suivi des cours en couture simple dans le cadre d’un programme lancé au lycée Faustin Soulouque. Mais dans son quartier, à Vialet, il était épaulé par un couturier de carrière qui lui a inculqué les notions fondamentales de ce métier. « Il était toujours là pour moi. Grâce à lui, j’ai appris beaucoup de la mode », a informé David Léandre.

Après la philo, comme il est passionné également de la technologie, David Léandre a mis temporairement de côté la couture pour se lancer dans des études en électronique. Le jeune ayant bouclé ses études au centre Pilote de Formation professionnelle, tout comme Ingres avec son violon, il a vite rattrapé la couture, son métier de cœur. « Je me sens plus à l’aise dans la mode », a-t-il confié.

David le confectionneur a depuis multiplié les efforts pour se créer un nom dans le secteur de la mode en Haïti. En 2015, on a brûlé un petit container dont il disposait à Bon Repos pour pratiquer son métier. Mais, il a choisi de jouer la carte de la persévérance. En 2017, il est parvenu à créer l’ANAHCE, une compagnie qui lui permet de vendre sa grande vision.

Vers une nouvelle couture

« Je veux aider à développer et à valoriser la couture en Haïti et participer à la formation d’une nouvelle génération de confectionneurs de vêtements dans le pays », soutient le jeune âgé de 29 ans. Il déplore le fait que la population haïtienne s’habille surtout de fripes et de vêtements importés négligeant les productions locales.

David Léandre est un dur travailleur qui ne cesse de se perfectionner. Formé initialement en couture simple, le jeune homme s’investit à fond dans la recherche pour se donner une formation autodidacte en haute couture. Ce qui lui a permis de confectionner toutes sortes de styles de vêtements qu’hommes et femmes aimeraient porter. En effet, il a déjà habillé plusieurs promotions de gradués des écoles professionnelles et confectionne des vêtements pour des présentateurs et journalistes de la capitale.

« Mes coups de ciseaux parlent de moi. Quand quelqu’un porte l’un de mes vêtements, c’est certain que d’autres personnes vont s’intéresser à moi », raconte David. C’est en ce sens qu’il a vu grandir sa clientèle qui s’étend aujourd’hui sur toute la zone métropolitaine.

Mais sa vision ne s’arrête pas là, car pour lui, la couture n’est pas seulement une activité pour gagner de l’argent. Sa plus grande motivation est d’arriver à créer une grande école pour former des confectionneurs capables de rénover la couture dans le pays. C’est pourquoi, malgré ses maigres moyens, de temps en temps, il partage son savoir-faire avec des jeunes de sa zone.

Vêtements de style local, africain ou indien, costumes ou smokings, robe de différents styles,  David le confectionneur offre toute une gamme de vêtements à sa clientèle. Sa plus grande motivation : que la couture haïtienne soit mieux valorisée. Condition sine qua non, selon lui, pour que les Haïtiens cessent de s’habiller de fripes.

Ritzamarum Zétrenne

rzetrenne@lenational.ht

 

 

 

  

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