120 millions d’euros en appui budgétaire

L’ambassadeur de l’UE en Haïti, Vincent Dégert.

 

L’Union européenne projette de fournir à Haïti un appui budgétaire d’un montant de 120 millions d’euros pour une période de trois ans. L’annonce a été faite par l’ambassadeur de l’Union européenne en Haïti, Vincent Degert au cours d’un entretien avec Le National. Plusieurs secteurs sont ciblés à travers cet appui.

Éducation – Infrastructures – Lutte contre la corruption – Réforme de l’État – Finances publiques – sont entre autres domaines d’intervention dans le cadre de cet appui de l’Union européenne à Haïti. Ce décaissement intervient après la signature de l’accord du Staff Monitored Program (SMP) entre l’État haïtien et le Fonds monétaire international. Le SMP, aux dires des signataires, s’étend sur 6 mois et vise à établir des piliers solides pour la stabilité macroéconomique et une croissance forte et durable sur le long terme. Selon l’ambassadeur Vincent Dégert, la signature du SMP a servi de déclic pour faciliter le décaissement de ce fonds. « Je suis redevable envers les contribuables européens »,

souligne le diplomate qui confie que le processus de décaissement d’un appui budgétaire n’est pas chose facile. Pour lui, le résultat est la con­dition. L’Union européenne (UE) avait réduit de 6,5 millions d’euros son aide au développement en Haïti pour insuffisance de résultats dans le cadre de son programme d’appui budgétaire à la consolidation de l’État, fait savoir l’ambassadeur de l’UE en Haïti, Vincent Dégert, au cours de cet entretien exclusif.

L’ambassadeur de l’UE en Haïti informe pour cette fois, qu’ il y a eu beaucoup de conditionnalités pour accepter le décaissement de ce fonds pour Haïti. Ces condition­nalités, selon le diplomate fran­çais, visent à assurer l’efficacité des fonds. L’Ambassadeur Dégert ne cache pas sa frustration sur certains projets et dossiers non implémen­tés. « L’appui budgétaire doit être adapté en vue de produire des ré­sultats », fait-il savoir et avance que l’État est appelé à adopter notam­ment une politique de transpar­ence. Il vante toutefois certains ré­sultats obtenus dans le domaine de la réforme des finances publiques. Le projet d’appui à la réforme de l’administration fiscale haïtienne vise à améliorer les performances de la direction générale des Impôts et accroître les recettes fiscales du pays pour qu’il dépende moins de l’aide internationale.

À travers cet appui, le responsable de l’UE s’attend à ce que dans le vo­let de la lutte contre la corruption en Haïti il y ait des avancées dans la multiplication des enquêtes et leur transmission a qui de droit pour les suites utiles.

« Un accent particulier sera mis pour le respect de la loi de 2014 sur la déclaration de patrimoine », in­dique le diplomate qui croit que le pays a grandement besoin de sig­naux. Il signale qu’un appui tech­nique sera offert à l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) pour favoriser les réformes de cette in­stitution. Il s’agit pour Haïti de renforcer le système de gestion et de mobilisations de ses ressources publiques avec un accent particulier sur la transparence et la lutte contre la corruption, indispensables pour la mise en oeuvre des politiques de développement et de réduction de la pauvreté.

Quant aux infrastructures, l’ambassadeur Dégert ne cache pas sa frustration. Il rappelle qu’Haïti a perdu plusieurs milliers de kilo­mètres de routes ces dix dernières années. Pour le diplomate, le fi­nancement et la construction d’infrastructures routières doivent être accompagnés de loi sur le pes­age – l’entretien – des routes. Il déplore qu’aucun effort ne soit fait en ce sens. Tout en souhaitant, une reforme du FER, Vincent Dégert invite les parlementaires à doter le pays de loi-cadre favorisant la pro­tection et la sécurité des infrastruc­tures.

Pour la réforme de l’État, il se plaint que bon nombre des projets de Loi-cadre de plusieurs ministères fi­nancés par l’UE soient encore dans les tiroirs alors que bon nombre d’institutions de l’administration publique a grand besoin de ce docu­ment. Un saut vers le qualitatif. En gros, l’ambassadeur Dégert espère une administration publique effi­cace et compétente tout en prônant l’égalité du genre. Il estime impor­tant que le recrutement se fasse sur concours et que chaque ministère dispose d’un plan de recrutement soumis et coordonné par l’Office de management eet des ressources hu­maines (OMRH).

En termes de perspectives, l’ambassadeur a fait savoir qu’il va maintenir le cap sur la poursuite des réformes. Dans le prochain pro­gramme, il va, entre autres, redyna­miser le cadre institutionnel de pi­lotage de la réforme, mettre l’accent sur la mise en oeuvre de la nouvelle grille salariale, actualiser la stratégie nationale de lutte contre la corrup­tion.

Hansy Mars

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