MPCE : des mesures contraignantes contre l’ONG Oxfam

Le gouvernement adopte des mesures contraignantes contre l’ONG Oxfam.

 

Dans une conférence de presse donnée ce jeudi 22 février 2018, le ministre de la Planification et de la Coopération externe (MPCE), Me Aviol Fleurant, a annoncé un ensemble de mesures conservatoires prises par son ministère dans le cadre du scandale sexuel auquel serait impliquée l’ONG Oxfam, sur le sol haïtien après le terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010

Tandis que le peuple haïtien était aux abois après le tremblement de terre, des organisations venant de toutes parts et de tout nom débarquent en Haïti pour apporter leur aide. En ce sens, cette aide a été plutôt convertie en entraide pour piétiner une fois de plus la dignité d’un peuple déjà à terre, a déclaré le ministre Fleurant. Face à cette situation, le ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE), a annoncé, dans un communiqué, le retrait provisoire de l’organisation Oxfam GB, en rapport au décret du 14 septembre 1989 attribuant le droit de fonctionnement des organisations en Haïti, contre les dirigeants, qui, pendant une éternité aurait caché des actes d’abus sexuels sur des victimes, éventuellement sur des mineurs, aux autorités haïtiennes.

Haïti, étant devenu une république des ONG depuis le séisme, l’Etat haïtien s’était déresponsabilisé de tout son pouvoir de contrôle pour laisser le champ libre à ces opérateurs. Selon le ministre Fleurant, les constats sont navrants, c’est la raison pour laquelle l’État haïtien décide de prendre la commande en vue d’endiguer le mal. « Suite à ses révélations, le gouvernement haïtien est choqué d’apprendre que sous couvert de réponses humanitaires, des actes irrépréhensibles graves ont été commis contre la dignité du peuple haïtien », déplore le ministre haïtien de la Planification, ajoutant que les dirigeants d’Oxfam n’ont même pas eu la décence, la responsabilité morale et éthique, d’informer les autorités haïtiennes de ces abus, qu’ils ont délibérément cachés. La loi étant claire, quiconque a la connaissance d’un délit ou d’un crime, est tenue d’informer les autorités de justice. Ayant commis la faute grave d’entraver le droit des victimes à une réparation civile, les dirigeants de l’OXFAM seront poursuivis et jugés pour les crimes commis à l’endroit des Haïtiens, a-t-il rétorqué.

Face à cette situation, la déception et l’indignation sont peut-être énormes, mais comment remédier à ce problème afin que cela ne se reproduise plus à l’avenir ? L’organisation OXFAM est-elle la seule à être impliquée et poursuivie par la justice haïtienne ? Non, selon le ministre de la Planification, toutes autres institutions d’ONG ayant des suspicions à leur endroit dans cette affaire, le cabinet du ministère est déjà instruit en vue de poursuivre les enquêtes. Précisant, toutefois, qu’Haïti n’est plus une république d’ONG, plus de 257 organisations non gouvernementales auraient déjà été expulsées du pays. Et la bataille continue, a rassuré le ministre Aviol Fleurant.

Marc Sony PIERRE

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