Les produits en styrofoam s’imposent malgré l’interdiction

Les produits en styrofoam.

 

Malgré le rappel des mesures d’interdiction d’importation, de commercialisation et d’utilisation des produits en styrofoam, fait le 29 janvier dernier conjointement par quatre ministères, les produits en polyéthylène et polystyrène expansé ou styrofoam continuent à être utilisés sur le territoire haïtien, sans clandestinité ni difficulté. Les restaurants comme les petits marchands des rues et les consommateurs s’en servent sans ambages. Un constat patent.

Les produits en polyéthylène et polystyrène expansés ou styrofoam constituent une source majeure d’insalubrité et de pollution de l’environnement national et de la région caribéenne. Partout dans les rues, ces produits sont jonchés sur le sol entravant le passage et obstruant les canaux d’irrigation. Ceux-ci ont occasionné la saleté de nos villes. Port-au-Prince et Cap-Haïtien nous en parlent.

La protection de l’environnement est une grande préoccupation de tous les pays du monde. Des conférences sont couramment organisées en vue de conscientiser les peuples à s’engager dans ce processus de protection. Au fur et à mesure, on se rend compte que certains produits et certaines pratiques dégradent l’environnement. À cet effet, l’État haïtien, dans le souci dit-on de protéger l’environnement du pays, a pris la décision d’interdire certains produits non-biodégradables comme les sachets en polyéthylène noir, les objets en polystyrène expansé (PSE ou PS cristal ou styrofoam) à usage alimentaire unique, tels que plateaux, barquettes, bouteilles, gobelets et assiettes sur le sol national.

Cependant, le constat fait dans la zone métropolitaine de Port-au- Prince est évident quant à la non-application de cette mesure. Et, aucune saisie de ces produits n’a été annoncée par les autorités en place depuis le rappel de cette mesure par les ministères de l’Environnement, du Commerce et de l’Industrie, de l’Économie et des Finances, de la Justice et de la Sécurité publique, le 29 janvier dernier.

En passant dans les marchés de Port-au-Prince, de Delmas et de Pétion-Ville, on dirait qu’une telle mesure n’a jamais été prise par l’État. Les stocks sont exposés devant les entrepôts ou sur les tables des commerçants en grande quantité comme d’habitude. Pas de frayeur. Les clients viennent récupérer ces genres de produits à longueur de journée.

Au centre-ville de Port-au-Prince, dans les contrées de Portail Léogâne, les objets en styrofoam règnent en maitre. Les marchands de nourriture et de jus ambulants utilisent beaucoup ces objets pour vendre leurs produits. Les restaurants de la zone les utilisent aussi pour faciliter aux consommateurs de déplacer avec les produits.

Même observation au Champ-de-Mars, à l’entrée du corridor Bois de chêne, où à environ une dizaine de mètres de la direction départementale de l’Ouest de la Police nationale, de nombreuses marchandes de barbecue établissent leur quartier général. Pour écouler leurs produits, ils ne disposent que des assiettes en polystyrène qui permettent aux clients de se mouvoir facilement.

À Delmas 18 et au « Carrefour aéroport », des marchandes de fruits et de barbecue, installées sur les trottoirs, livrent leurs produits aux clients dans des objets en styrofoam sans crainte ni timidité.

Ce constat n’est pas contraire à Pétion-Ville, dans les différentes stations, les marchands de nourriture et de Jus ambulants font des objets en polystyrène les meilleurs récipients pour vendre aux clients.

Cela dit, ces genres d’objets restent et persistent comme l’une des plus grandes causes d’insalubrité dans la zone métropolitaine. Leur augmentation dans les rues est inquiétante. Malgré les efforts pour déblayer la ravine Bois de chêne, on n’arrive pas encore à se débarrasser de ces produits dangereux pour l’environnement. Et, à chaque rencontre d’assemblage d’ordures, ils en forment la majorité. Les égouts sont obstrués par ces objets au point que les eaux qui s’y coulent, se répandent dans les rues.

À rappeler que depuis 2012 jusqu’au rappel du 29 janvier dernier, l’État haïtien ne cesse pas de claironner par des communiqués la mesure d’interdiction d’importation, de commercialisation et d’utilisation des produits non-biodégradables comme les sachets en polyéthylène noir, les objets en polystyrène expansé ou styrofoam. À quand une application véritable de cette mesure ?

Woovins St Phard

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