Le téléphone portable, un outil incontournable

Échantillon de téléphones portables.

 

Depuis quelque temps, le téléphone portable est devenu un accessoire très répandu dans le milieu haïtien. Dans tous les coins et recoins des grandes villes, les vendeurs informels de téléphones sont très présents. Partout, on en trouve un vendeur. Quelque 6,5 millions de téléphones portables sont déjà activés en Haïti. Un porcentage de 33 % de Smartphones a été enregistré sur le territoire, selon un rapport de Global Mobile Trends (GMT) en 2017.

Ils sont légion les différentes marques commercialisées sur le territoire haïtien. Et les prix varient de l’un à l’autre. On trouve, entre autres, de 600 à 750 gourdes des styles à chiffres ou de claviers numériques physiques, que l’on appelle communément chez nous des « ede m peze ». De 750 à x gourdes, on trouve des androïdes, ou smartphones, connus sous le nom de téléphone intelligent. De nos jours, rares sont les personnes qui, quel que soit leur niveau économique et social, ne se procurent pas un téléphone portable, la différence se trouve dans la marque et le coût. Dans le contexte social actuel, on peut comprendre que la communication constitue un élément essentiel à l’information et à l’éducation. Et avec la montée vertigineuse de la technologie de l’Internet comme véhicule de communication, l’être humain est dès lors mieux outillé pour divulguer son savoir et acquérir de nouvelles connaissances.

Selon l’économiste Eddy Labossière, la procuration d’un téléphone portable joue un rôle très important. D’une part c’est un outil moderne de communication et de développement. D’autre part, c’est un outil de transaction financière, dans le monde, notamment en Haïti. Le téléphone facilite les transactions dans les régions, avec les applications comme « tchotcho mobil », « mon cash », des récentes applications développées par les compagnies de téléphonie mobile. Précisant également que la montée des cryptomonnaies est donc devenue facile grâce aux portables. Outre les compagnies de la place qui vendent sur le marché, il y a des vendeurs du secteur informel, que l’on peut appeler « des vendeurs de la rue », selon l’économiste, c’est la notion de l’offre et de la demande. C’est encore mieux pour le marché, a-t-il expliqué.

Le secteur informel n’est pas régulé et est hors de tout contrôle de l’État. « Il appartient à l’État de donner à tout le monde la possibilité d’être formel, quoique difficile, mais tous les moyens sont à la portée de l’État de donner le ton pour pouvoir grandir son assiette fiscale. Toutefois, ce n’est pas le seul endroit dans lequel le gouvernement perd de l’argent en termes de taxes et recettes », confie M. Labossière.

Se procurer un téléphone mobile constitue donc un mode de vie pour les Haïtiens, sans pour autant évaluer les coûts qui y sont reliés. Des sommes qui certaines fois dépassent la capacité d’achat de la plupart des usagers qui sont, en général, des chômeurs ou sans-emploi qui subsistent grâce à l’aide des membres de la famille vivant à l’extérieur du pays. Dans d’autres circonstances, la plupart des Haïtiens perçoivent le téléphone mobile comme un signe d’innovation et de transformation. Pour la majorité d’entre eux qui n’ont pas un niveau d’éducation très élevé, la nouveauté est bien nécessaire ou est une mode de vie. Dans le souci d’être à la mode, ces Haïtiens adoptent les valeurs de l’extérieur sans se soucier des conséquences.

En effet, des économistes ont expliqué, il y a plusieurs années, que le développement du secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) ne concernait que les pays développés. Le cas d’Haïti, pourtant, où la pénétration du téléphone portable est passée de 5% à 30% en 2005, des travaux ont infirmé cette thèse, montrant l’impact de la téléphonie mobile sur le développement économique des pays en voie de développement.

Les activités informelles de téléphone mobile deviennent un commerce très lucratif en Haïti. On se questionne sur : pourquoi l’État n’intervient-il pas pour contrôler efficacement ce marché ? Faut-il croire à une absence de volonté politique des dirigeants à mettre en branle un système de contrôle fiable pour contrôler ce marché qui pourrait « booster » la recette de l’État déjà en faiblesse ?

Marc Sony Pierre

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