Gagnante du prix « Jeune leader de l’année » en Ontario, Nathalie Vilgrain rêve de rejoindre la lutte féministe en Haïti


Nathalie E. Vilgrain (debout).

 

Membre du club des étudiants haïtiens de l’Université d’Ottawa, Nathalie Eléonor Vilgrain a reçu le prix « Jeune leader » de l’Association des communautés francophones d’Ottawa (AFCO) d’une soirée de gala organisée le 8 février 2018. Cette Haïtienne de vingt-deux ans prépare un baccalauréat en études de femmes et sciences politiques, mais c’est sa formation en travail social qui fait d’elle une personne très impliquée dans des activités de bénévolat. Tantôt aux côtés de l’UNICEF, dans des centres de crise pour femmes victimes de viols ou encore des centres d’accueil pour personnes itinérantes, Nathalie prend plaisir à aider les autres dans la communauté ontarienne qui l’a accueillie en 2014 après son départ d’Haïti. Dans une entrevue accordée au journal Le National, la féministe déballe ses projets d’avenir qui devraient la ramener vers son pays.

Le National : Dites-nous avec quels sentiments vous avez reçu le prix « Jeune leader ».

Nathalie Vilgrain : J’étais très surprise, je savais que j’étais finaliste, mais passer de finaliste à récipiendaire c’est tout un processus. L’Ontario est une communauté qui valorise les efforts des gens qui travaillent pour le progrès. Je suis satisfaite que mon engagement et mon parcours aient pu attirer l’attention de l’AFCO.

Le National : Associez-vous Haïti à cette distinction ?

Nathalie Vilgrain : Définitivement, Haïti a fait de moi la femme que je suis aujourd’hui. Le Canada continue de parfaire, de construire et d’instruire cette femme. Je l’associe aux deux.

Depuis près de deux ans, je m’engage dans la communauté francophone parce que cela me rapproche un peu d’Haïti, mais surtout, comme je le dis souvent, pour redonner ce que j’ai reçu lorsque je suis arrivée au Canada.

J’ai d’abord été élue au CA du Regroupement affaires femme, ensuite au Conseil d’administration de L’AFCO pour représenter le secteur des femmes (organismes porte-parole des francophones en Ontario). Je suis aussi active sur le campus en faisant du bénévolat avec l’UNICEF et le club des étudiants haïtiens de l’université d’Ottawa dont je suis la coordonnatrice des projets humanitaires.

Ensuite, je suis bénévole dans un centre de crise pour femmes victimes de viol. Je fais aussi du bénévolat dans des centres d’accueil pour personnes itinérantes. Je pense que le travail consiste à s’impliquer dans des causes justes, et à le faire de tout son coeur.

Le National : Dans quelle mesure cette distinction vous motive ?

Nathalie Vilgrain : C’est sur que c’est très encourageant, mais je ne suis pas certaine que cela change quelque chose de mon côté. J’adore ce que je fais, je m’investis dans des causes qui ont une valeur significative à mes yeux et j’aurais continué avec ou sans prix. Mais je suis quand même très fière et honorée de le recevoir. Ce n’est pas tous les jours qu’on reçoit un prix !

Le National : Si vous étiez restée en Haïti, auriez-vous fait le même parcours ?

Nathalie Vilgrain : J’étais dans les tous les comités de classe de mon lycée (Lycée Marie Jeanne). Je suis sûre que oui, car je suis dynamique et j’adore aider les autres. Peut-être que l’orientation ne serait pas la même. En Haïti, je serais sûrement dans un parti politique, cependant je serais toujours cette même fille passionnée, débordant d’énergie et qui croit au changement que chacun peut apporter dans sa communauté.

Le National : Parlez-nous de vos rêves

Nathalie Vilgrain : Enfant, je rêvais de devenir médecin, ensuite avocate. Aujourd’hui j’aimerais terminer mon baccalauréat et suivre ma voix tranquillement. Mais s’il y a un rêve que je chéris le plus dans ce monde, à commencer par Haïti, c’est qu’il y a un système de justice qui protège efficacement les femmes contre toutes les formes de violence.

J’aimerais ouvrir un centre pour femmes victimes de viols en Haïti et diriger une campagne qui aurait pour objectif d’éduquer les femmes sur les différents rôles qu’elles auront à jouer dans leur quête d’émancipation. Ce centre apporterait de l’aide psychologique et financière (à celles qui veulent reprendre leurs études) et bien d’autres services.

Le National : Avez-vous des plans d’avenir qui impliquent Haïti ?

Nathalie Vilgrain : Certainement. J’aimerais travailler avec le ministère de la Condition féminine, je réfléchis même à l’idée de faire une demande de stage parce que c’est un secteur avec lequel je me verrai utile et bien travailler. Je ne peux pas dire que je quitterai le Canada qui est aussi mon pays pour travailler en Haïti, mais je travaillerai toujours avec des jeunes impliqués dans des secteurs clés afin de provoquer un changement. Aussi je me mettrai toujours disponible si mes compétences et mon expérience sont requises pour quelque chose en particulier. J’ai récemment intégré le groupe Écho Haïti, justement c’était dans l’optique de rester en contact avec Haïti et avec des jeunes qui font un travail extraordinaire.

Propos recueillis par

Kendi Zidor

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