Festival Pawoli, une deuxième édition en demi-teinte

Vue partielle d’une des activités réalisées dans le cadre de la deuxième édition

du Festival Pawoli à l’Alliance Française des Gonaïves.

 

Le Centre Pen-Gonaïves a lancé officiellement le 22 février la deuxième édition du Festival Pawoli à l’Alliance française des Gonaïves sous le thème « La place des lecteurs dans la littérature ». Diverses activités culturelles ont marqué cet évènement qui s’est déroulé du 22 au 25 février 2018. La conteuse haïtienne vivant à Montréal, Joujou Turenne, qui était l’invitée d’honneur, n’a pas pu prendre part à l’événement faute de moyens. L’Akademi kreyòl Ayisyen (AKA) était l’invitée spéciale.

Après une première édition qui a connu un vif succès, cette année, le festival, « Pawoli » s’est proposé de diversifier sa programmation et d’accueillir plus de monde. À cette occasion, les scènes de l’Alliance française des Gonaïves, de Dessalines et de Bombardopolis ont accueilli une série d’activités jusqu’au dimanche 25 février. Spectacles de danse, représentations théâtrales, contes, slams, conférences-débats, expositions d’ouvrages, vente signature, causeries et ateliers de formation composaient la riche programmation de ce festival dédié aux amants de la littérature contemporaine et qui s’est étendu sur quatre jours.

Tout a démarré dans la journée du 22 février avec une exposition et une vente d’ouvrages. Une centaine de titres ont été mis à la disposition des férus de la littérature. Les auteurs en ont profité pour échanger avec les élèves et les étudiants qui avaient fait le déplacement sur l’importance de la lecture dans la vie. Dans la soirée, les artistes, Jowana Pierrette, Coutechève Lavoie-Aupont et d’autres invités ont émerveillé le public. Les récitals et les lectures scéniques ont été très appréciés.

Selon le coordonnateur des activités, M. Lesly Succès, plus d’une quarantaine d’auteurs venus des (10) dix départements du pays ont pris part au festival. Mais la communauté n’a pas montré beaucoup d’intérêt à l’événement. « La question du livre n’a jamais été l’affaire de tous et d’un public géant », déclare M. Succès. C’est pourquoi nous organisons ces différentes activités culturelles et littéraires, afin de sensibiliser et d’attirer bien plus de gens vers la lecture. Nous espérons plus de participation de la communauté la prochaine fois, mais ce qu’on a vu est encourageant. C’est peut-être un peu naïf, nous pensons que sommes sous la bonne voie », déclare-t-il.

La présence de l’invitée d’honneur, la conteuse haïtienne vivant à Montréal Joujou Turenne, n’a pas été remarquée non plus pendant le déroulement du festival. Selon le coordonnateur M. Succès, elle n’a pas pu honorer de sa présence ce rendez-vous pour des raisons pécuniaires. « C’est gênant de dévoiler la raison, mais il faut le faire. C’est l’argent qui nous a empêchés de voir notre Joujou Turenne, amie du vent, que nous avions tant espéré et attendu. » Je profite de l’occasion, dit-il, pour la remercier pour les supports moraux qu’elle nous a donnés tout au long du festival.

Supportée par le délégué départemental de l’Artibonite, M. Herby Dalencourt, L’Élysée, Something Variety Stores et la Fondation Nestor pour le Développement (Foned), la deuxième édition de ce festival de littérature haïtienne contemporaine n’a pas obtenu le succès escompté. Les organisateurs souhaitent que les institutions étatiques encouragent et soutiennent davantage ces activités qui aident à la construction de la communauté. « Nous ne voulons blâmer quiconque, mais nous les encourageons à soutenir ces genres d’initiatives », a déclaré M. Succès.

Le staff du Centre Pen-Gonaïves n’entend pas baisser les bras. Il projette de faire mieux pour la nouvelle édition. Le staff souhaite atteindre au niveau territorial plus de zones. En prélude de la 3e édition du festival Pawoli, il projette d’enrichir la programmation du festival et d’implanter la manifestation dans d’autres régions du pays.

Aljany N. Zephirin

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