Dans les racines picturales de Racine

Tableau de l’artiste Joseph Racine.

 

Dans la liste sélecte des anciens étudiants de l’École nationale des Arts (ENARTS), qui ont choisi la création comme passion et comme instrument de transformation pour une nouvelle construction sociale, Joseph Fils Racine figure parmi les meilleurs talents qui ne chôment pas. Pas à pas, il alimente depuis plus de deux décennies le patrimoine national et universel, avec des oeuvres qui nous exposent de nouveaux tableaux de la réalité sociale, avec des couleurs et des scènes très mystérieuses.

Les tableaux de Racine nous invitent dans un voyage entre les personnages et des rituels, dont la nature des éléments se confond avec « l’égrégore ». Tout le décor nous porte à croire que l’artiste a été le témoin de ces scènes qu’il tente de nous retracer avec soin, sans dévoiler l’identité des participants.

« Étant dessinateur dès l’enfance et grâce aux disciplines avancées acquises à l’ENARTS, il a très vite excellé dans le domaine de l’art. Faisant des expériences de part et d’autre, dans la sculpture, le papier mâché, des fresques murales, la céramique, la calligraphie et, être membre des groupements artistiques lui a valu une habilité exceptionnelle », peut-on lire dans sa note biographique.

Racine poursuit son argumentaire en ses termes : « Cependant le goût amplifié pour la peinture que pratiquait ma mère couturière modiste et peintre sur tissu, a pris presque le dessus de toutes autres formes d’art. J’ai toujours été fasciné par les oeuvres de Lionel Laurenceau de par le style mélancolique et vivant mettant en valeur des beaux yeux d’enfants rayonnants, et les vieillards qui témoignent toujours le courage, et toute une panoplie d’artistes comme Richard Barbot, Jean Menard Derenoncourt, Boris de Vallejo, Salvador Dali, Caravage (pour ses précisions en dessin), Leonard de Vinci et Michel-Ange pour leur grandeur d’âme et autres. On ne peut me situer dans un courant quelconque. Je suis toujours en quête d’un altruisme universel ».

Entre témoignage et reconnaissance, Racine dans un sens très métaphorique ou lyrique, ne manque jamais l’occasion pour rappeler les sources de son ascension en grande partie. « Je tiens à remercier tout d’abord Dieu, ma famille (femme et fille) qui m’est très chère et ma seule force. Les professeurs de l’ENARTS, plus précisément Jean Ménard Derenoncourt et Franck Louissaint. Mes collègues du groupe Feeling Plastik : Josué Blanchard, Damas Porcena avec lesquels on a fait un long parcours ensemble ».

Il continue dans son éloge à l’amitié et à la complicité qui a motivé son parcours, en citant : « Ted Zamy Dorvil qui m’a toujours été d’un grand service comme conseillé et collègue. James Pierre dit “kakarat”, est celui qui m’a mis sur la voie du pinceau dans le sens concret, me permettant de faire ma première toile. Dominique Domerçant qui a eu une confiance hors pair en ma capacité, et tous ceux qui ont participé à mon ascendance dans le domaine. Un grand merci également à tous ceux que je n’ai pas cités et qui savent qu’ils ont une place précieuse dans mon coeur ».

De 2003 à nos jours, on peut retenir la participation de l’artiste peintre Joseph Fils Racine dans de nombreux événements comme : participation en 2003 au concours de masques au musée d’art du Collège St Pierre (Port-au-Prince) ; exposition de peinture à l’Ambassade du Brésil entre 2008 et 2009 (Haïti) et une foire à l’hôtel La Cayenne.

En 2010, il a été Lauréat du concours national de Dessin à la Secrétairerie d’État à l’intégration des Personnes handicapées, pour ensuite participer à une exposition à Miami à West Palm Beach State College, autour du thème : « Art and Life, The spirit of Haïti » en 2012. Il sera nommé Chevalier Académicien à Mondial ART Academia. Association française, faisant la promotion de l’excellence par l’identification et l’encadrement des jeunes talents.

Racine poursuit sa trajectoire picturale entre réalisation et révolution. Il se félicite d’avoir collaboré dans un projet majeur en République dominicaine comme contractuel au Museo de la Resistencia à Saint-Domingue, sur une fresque murale évoquant le massacre de Raf, une page sombre dans l’histoire des deux peuples partageant l’île.

Dominique Domerçant

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