Carnaval 2018 : quel bilan ?

Comme prévu, le défilé carnavalesque de Port-au-Prince s’est terminé dans la matinée du mercredi 14 février. Le ministère de la Santé publique a enregistré plus de six cents (600) cas de personnes blessées et zéro décès. Sur le plan musical, Roody Roodboy a réitéré son succès de l’année dernière,  les chars allégoriques étaientpresque invisibles, mais les groupes déguisés ont pu combler ce grand vide.

Du 11 au 13 février, la ville de Port-au-Prince a accueilli le carnaval national 2018, avec son lot d’imperfections et d’insatisfactions. Et, la grogne était partout.

Au cours d’une brève entrevue à la télévision d’État, le président de la République, Jovenel Moise,s’est dit conscient de la situation et a demandé aux responsables de repenser l’organisation du défilé carnavalesque. Même dans le public, le travail approximatif des responsables a été montré du doigt.

Les gens avaient néanmoins soif du carnaval, des fois sans raison valable, on tombe sur une bousculade, surtout dans l’espace du Champ-de-Mars, à la rue Capois, ou des filles tombent par dizaine en syncope.Les policiers, responsables de la sécurité, ont été surpris en train de matraquer sans raison les carnavaliers afin d’avoir, selon eux, le contrôle de la foule.

Sur les vingt et un (21) groupes musicaux sélectionnés pour le défilé des trois jours gras, seuls quelques-uns ont pu défiler durant les deux premiers jours. Le mardi 13 février, la totalité ont pu terminer le parcours, certains même sans son,grâce à une rallonge de l’heure prévue.

Les problèmes de logistique étaient visibles, durant les deux premiers jours et c’est grâce aux moniteurs de la Mairie de Port-au-Prince qu’il y avait amélioration le dernier jour.

Il faut saluer toutefois, l’initiative du comité organisateur qui a réalisé le défilé sur le podium « Lamayòt » installé à la rue Saint Honoré. Grâce à ce stand, le public a pu apprécier la chorégraphie de plus de trois mille (3000) jeunes. Une opportunité offerte aux spectateurs d’apprécier des chorégraphies trop souvent dissimulées dans la foule non déguisée.

Intervenant sur les ondes d’une station de radio de la capitale, Fred Lizaire, membre du comité d’organisation du carnaval 2018, a déclaréne pas être totalement satisfait du travail. « Il faut plus de temps pour la préparation du défilé etfaudra-t-il mettre les moyens financiers à disposition ». Il a dit regretter qu’il y ait autant de politiques dans le carnaval. Et du côté de l’Exécutif et de celui du Parlement.

Deux expositions qui ont été, à cette occasion, organisées sur le mur du Palais national et au Bureau d’ethnologie n’ont pas eu l’écho souhaité, à cause de la mauvaise synergie entre les différents organisateurs.

Entre ce carnaval raté et tout le spectacle politique qu’il y ait autour, il reste encore un long chemin à parcourir afin d’arriver effectivement à un carnaval haïtien potable, aux yeuxdu monde.

Walcam

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